Doc Shot : notre homme au Caire

Le président égyptien marche sur les droits humains avec la complicité de l’Occident.

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L ’Égypte irait plus mal qu’avant la révolution de janvier 2011. Le constat est glaçant tant ils étaient nombreux dans le pays à entrevoir les bribes de liberté et de démocratie alors que nos yeux d’Européens accueillaient cette révolution avec admiration. Mais lorsque les premières élections libres ont débouché sur l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et Mohamed Morsi, les experts ont déjà senti que ce parfum d’un avenir nouveau avait une drôle d’odeur.

S’il a fallu un an à Morsi pour se faire éjecter par un coup d’État militaire, l’Égypte ne semble pas s’être remise de cette décennie d’instabilité. Aujourd’hui, c’est l’ancien général Abdel Fattah al-Sissi (photo) qui règne en maître sur son pays. Un pays dont l’histoire récente démontre la capacité de mobilisation. C’est probablement la raison qui pousse al-Sissi à craindre un nouveau soulèvement. Résultat : les droits humains se voient encore bafoués en Égypte.

Les chiffres mentionnés dans le film de ce soir font froid dans le dos. En quatre ans, les organisations de défense des droits de l’homme estiment à 60.000 le nombre de personnes arrêtées pour des motifs politiques, que 15.000 civils auraient affronté la justice militaire, dont 150 enfants, et que plus de 300 Égyptiens seraient morts en détention.

En condamnant les manquements aux droits humains et révélant les rapports de compromissions qu’entretient l’Occident avec un pouvoir dictatorial, on ne peut pas dire que le film fasse preuve d’une grande originalité. Au contraire, le récit semble tourner en boucle, se contentant de modifier les nom des personnages, les lieux et les époques. Mais quand rien ne change et que nos pays sont engagés, il faut taper sur le clou, au risque de se répéter. Et comme d’habitude, Doc Shot le fait avec brio.

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