Eddy de Pretto, un Kid pas si Normal

Hep Taxi! balade Eddy de Pretto à Namur. Une rencontre pas commune, avec un artiste qui sort du lot.

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Au Festival des Solidarités ce 25 août, le rappeur a tout donné et conquis un public pourtant pas nécessairement au fait de sa musique. Alors ce jour-là, la Révélation scénique des Victoires de la musique avait certainement autre chose en tête qu’une interview. Serait-il assez disponible pour converser sans impatience, dans le huis clos de la voiture? Ouf, c’est un pro, et la douce hypnose de la route fait son effet. La complicité s’installe et le jeune homme se déballe. Sur la banquette arrière de Jérôme Colin, il n’y a pas le ”phénomène musical de 2018″, le ”buzz”, la ”nouvelle sensation de la chanson française”. Il n’y a pas la success story du moment, le mec de la Cité Kennedy découvert dans une micro-salle par des journalistes et propulsé, cette année, aux cimes des charts et sur les scènes de l’Olympia et du Zenith.
Eddy de Pretto, s’il fallait encore le démontrer, n’est pas un coup marketing et de storytelling ni un produit préfabriqué par une usine à tubes. Son album Cure le prouve, ses réponses à Jérôme le confirment, il est de la trempe de ces chanteurs qui durent, de ces artistes qui mettent des bouts d’eux-mêmes, des tripes et des histoires dans leurs créations. Aussi singulier que son physique de dandy pâle en hoddie orange, le poète de Kid et de Normal évoque aussi bien son parcours unique que ses prises de position inédites dans le monde du hip-hop. Le moment ne sent pas la promo, mais la rencontre donne envie comme jamais de se plonger dans ses textes, qui parlent d’homophobie, de genre, de virilité, d’excès, d’amour et de timidité. La course sera cool… mais la rentrée d’Hep Taxi démarre sur des chapeaux de roues.

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