Le procès de l’horreur

Retour aux sources relate le jugement de ceux qui ont sévi à Auschwitz.

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Allemagne de l’Ouest, début des années 60. Le pays est en pleine reconstruction et les citoyens aspirent à profiter du boom économique. La guerre semble loin. Beaucoup estiment que les responsables ont été jugés et condamnés à Nuremberg. Ce n’est pas l’avis de Fritz Bauer, procureur général. Il ne tolère pas que des criminels de guerre, notamment ceux qui ont sévi dans les camps de concentration, vivent libres et prospères.

En dépit de l’opinion publique et du système judiciaire (où œuvrent d’anciens nazis), il décide de poursuivre ceux qui ont fait “vivre” Auschwitz. Il auditionne des centaines de survivants et en inculpe une vingtaine, dont il pourra prouver qu’ils ont participé aux massacres.

Ces 22 accusés ont travaillé dans le camp à tous les niveaux et toutes les fonctions : du membre de la Gestapo à l’infirmier en passant par le Kapo. Ils seront jugés à Francfort dans un procès qui a un double objectif. Obtenir justice pour les victimes, bien sûr. Mais aussi éduquer le grand public, qui préfère tout ignorer de la réalité des camps.

En décembre 1963, les accusés prennent place sur leurs bancs. La plupart ont profité de l’après-guerre pour mener des carrières fructueuses. À les écouter, ils sont plus blancs que neige. Tout au plus ont-ils accepté d’exécuter certains ordres peu académiques. Mais c’était la guerre, il fallait se montrer fermes envers les prisonniers… À défaut de prononcer des condamnations exemplaires, le procès d’Auschwitz aura sensibilisé la population et, à terme, changé le regard de la justice sur les crimes nazis.

Cette nouvelle saison de Retour aux sources se repose sur ses bases : d’excellents documentaires suivis de bons débats. On annonce notamment un nouvel Apocalypse (“La paix impossible”, sur l’entre-deux-guerres) pour le 9 novembre.

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