Saint-Gothard : la route des pionniers

À travers le Saint-Gothard, on dit un peu de l'Europe et beaucoup de la culture suisse.

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Chocolat, banques, gruyère, horlogerie, neutralité, costyme tyrolien, Federer… Que peut-on énumérer pour évoquer la Suisse ? Ceux qui connaissent le pays et savent sortir des clichés, citeront fort justement aussi le mythique massif de Saint-Gothard. Consacrer un documentaire à ce lieu stratégique, c’est donner un cours sur la culture suisse et son histoire géopolitique.

Le Saint-Gothard, dont les Suisses ont longtemps pensé qu’il était le plus haut sommet des Alpes (raté, c’est le Mont-Blanc, qui gagne par 4810 m à 3630), est un conte pictural et littéraire, qui a donné naissance à de jolies légendes – il est notamment la “montagne sacrée » des mécanos de locomotive…  Le massif centralise une culture populaire et commerciale, ponctuée de records technologiques.Sujet de fierté nationale, ses tunnels, qui unissent l’Europe du nord et l’Europe du sud, se font le symbole d’une réunification entre la Suisse italophone et la Suisse germanophone.

La route des pionniers, réalisé par Verena Schönauer, revient sur les évolutions de ce lieu emblématique et s’attache à poser un regard vers l’avenir. Devenu un enjeu environnemental, le Saint-Gothard est l’objet de toutes les attentions scientifiques. Lorsque l’ingénierie transforme la nature, il faut redoubler de vigilance. Aujourd’hui, les chercheurs tentent de réduire l’impact du réchauffement climatique sur la montagne, tout en s’efforçant de mieux comprendre les conséquences de ces variations à long terme. Le Saint-Gothard devient le lieu d’observations minutieuses de la roche dans le but d’évaluer la stabilité de la montagne, pour préserver la nature, son écosystème et la sécurité des villages attenants – et sauver du même coup une part de l’âme de la Suisse.

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