Le tour du monde en 80 goûts

En 2016, Alain Ducasse ouvrait l’Ore, au Château de Versailles. Sa quête le suivra pendant deux ans.

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Gilles de Maistre ne s’en cache pas, son film n’est pas une enquête journalistique. Le réalisateur de L’hôpital des enfants n’investigue pas sur le business du grand chef, il ne remet pas le personnage en question… il dresse le portrait d’un artiste, d’un passionné. S’est-il pour autant fait prendre au piège du storytelling, de la naïveté ou de la complaisance ? Pas tant que ça. L’histoire qu’il nous raconte est sincère.

Alain Ducasse est certes un homme d’argent, fort bien entouré, de nationalité monégasque, qui reçoit Trump et Macron au Jules Verne. C’est aussi ce chevalier du goût, qui parcourt le globe à la recherche des meilleurs produits (sans épargner les avions et l’empreinte écologique). Sa quête, c’est d’abord celle de l’excellence. Il prend l’hélico pour découvrir la cuisine mongole, passe des marchés japonais aux producteurs brésiliens. Le meilleur caviar est chinois (les Iraniens ont transmis toutes leurs techniques). Une courgette, un potager, du cacao ou un filet de poisson saisi sur charbon le mettent en extase. Nous voilà sous le charme.

Dans ce récit très proche de la série A Chief’s Table de Netflix, les belles images, l’inventivité, la traque de la nouveauté de Londres à Manille en passant par Rio font frémir les papilles. On découvre aussi le versant pédagogique de son travail, avec la visite de son école de Manille. La séquence n’est pas là par hasard, d’accord, mais l’établissement existe, et la formation qu’y reçoivent des élèves de milieux populaires réelle.

Au final, le film éblouit, passionne, ravit par ses voyages et son message idéaliste, mais ne rassasie pas notre curiosité. On aurait aimé plus d’intimité, de technique culinaire, bref que l’admiration et les impressions soient saupoudrées de fond.

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