Belmondo, le magnifique

À 85 ans et loin d’être à bout de souffle, Belmondo le magnifique méritait bien une soirée spéciale sur Arte.

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Comment résumer une carrière aussi prolifique que celle de Jean-Paul Belmondo ? Si depuis l’accident vasculaire cérébral qui l’a frappé en 2001, le comédien a été contraint à une quasi-retraite, il n’en reste pas moins immensément populaire auprès du public comme des professionnels. Pour preuve, les distinctions se sont succédé ces dernières années : Palme d’honneur à Cannes en 2011, Lion d’or à Venise pour sa carrière en 2016, hommage de l’Académie des César lors de la cérémonie en 2017… Fameux clin d’œil à retardement pour celui qui, en 1956, adressa un bras d’honneur au jury du Conservatoire après avoir été injustement dédaigné lors de la remise des prix !

Pourtant, qui aurait pu croire que le jeune homme accéderait à un tel vedettariat ? Loin des canons de beauté traditionnels de l’époque, avec ses pommettes hautes, des lèvres charnues et un nez cabossé hérité de sa pratique de la boxe, l’acteur n’en attire pas moins l’attention de Godard, qui lui confie le premier rôle d’A bout de souffle. Gros succès populaire et critique, le film lance définitivement la carrière de celui qu’on surnommera bientôt Bébel. Et qui cartonnera dans les années 70 dans des films à vocation plus commerciale, mais qui drainent des millions de spectateurs en salles : “Ne faire que des films qui font penser, c’est embêtant. Même les gens les plus intellectuels ont de temps en temps besoin le soir d’aller se distraire et de ne pas se prendre la tête à deux mains”.

Hormis les deux films qu’Arte lui consacre (Le magnifique ce dimanche à 20h50 et Les mariés de l’an II lundi à 20h50), un beau docu, Belmondo, le magnifique, retrace la carrière de l’acteur, avec quelques archives savoureuses, telles que ce faux casting passé en 1964 dans le Carrousel aux images, légendaire émission ciné de la RTBF animée par Sélim Sasson. Bébel, quel parcours magnifique !

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