Au-delà des promesses

Avec cette saison 2 réussie, Le bureau des légendes s'affirme comme l'une des meilleures séries françaises.

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Nous revoilà au sein de la DGSE, dans le département appelé le Bureau des légendes, chargé d’infiltrer et de gérer les agents du service de renseignement extérieur français dans des points stratégiques du monde. Dans la saison 1, l’un des meilleurs agents du contre-espionnage, Guillaume Debailly, alias Malotru, rentre à Paris et enfreint la règle première – abandonner sa légende (sa couverture) en rentrant de mission – par amour.

Ce premier volet pose les bases d’une intrigue mêlant enjeux géopolitiques complexes et aspirations intérieures (sentimentales et éthiques). Comme aucun arc narratif n’est résolu au bout des dix épisodes, le récit appelle forcément une deuxième saison, plus que jamais ancrée dans le réel et qui nous porte davantage au cœur de l’action. Sur fond de terrorisme, de complexité syrienne et de nucléaire iranien, la série fait écho à l’actualité décrite dans les quotidiens. La toile se tisse de façon permanente entre le Boulevard Mortier, Téhéran (où est envoyée l’ancienne apprentie de Malotru, Marina Loiseau) et la Syrie (où est retenue Nadia El Mansour, l’amour de Malotru). Les liens entretenus par les fonctionnaires de bureau à Paris et les agents envoyés sur le terrain se densifient. À tout moment, un des personnages merveilleusement interprétés par une pléiade d’acteurs (Mathieu Kassovitz, Jean-Pierre Darroussin, Léa Drucker, Sara Giraudeau…) sera confronté à un dilemme.

Il est évidemment difficile de rentrer dans le détail sans gâcher le plaisir du téléspectateur. Parfaitement équilibré, intelligent, hyperréaliste (car très bien documenté), Le bureau des légendes atteint certainement pour la première fois dans l’histoire des créations originales françaises le même niveau de réussite que la crème des séries anglophones.

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