Versailles: Rien de nouveau sous le soleil

Versailles, série franco-canadienne de Canal, applique les recettes HBO à l'Histoire de France.

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Versailles est clairement conçue pour en mettre plein les yeux au public international, toujours friand de drames historiques européens. Présentée comme rock’n’roll, la série manque en réalité d’audace. Les partouzes dans du brocart, les personnages homos et les scènes de torture, ça ne surprend plus grand monde depuis Les Tudors ou Game of Thrones. Pas plus que la peinture des intrigues de palais, House of Cards est passée par là. En fait, les ficelles efficaces de showrunners américains font de Versailles une bonne série. Mais elles en font aussi une série passe-partout, vite consommée, vite oubliée. Le Grand Siècle qui nous y est dépeint sort tout droit du Vicomte de Bragelonne de Dumas ou d’un film de Sacha Guitry. On doit nous faire rêver à grand renfort de princes beaux comme des dieux, de marquises sexy en diable. Quel dommage.

Une vraie peinture du règne de Louis XIV aurait frappé autrement fort. En 1667, date où démarre le premier épisode, il n’avait plus un poil sur le caillou, le Soleil! Les courtisans exhibaient des molaires putrides. La crasse couvrait le faste. Une peinture réaliste, ça, ça aurait marqué les esprits! Fallait-il aussi adjoindre au roi cet étrange homme de main, qui ne repose sur aucune réalité historique? Et faire de Marie-Thérèse, boulotte et blonde reine de France, une bombe brune au charme vénéneux?

Ces concessions au marketing sont d’autant plus regrettables que, dans d’autres domaines, le feuilleton nous tient en haleine. La lutte contre la noblesse, l’implication de Louis XIV (George Blagden) dans son château, la rivalité avec son frère, Monsieur, nous captent. Dommage que la caricature nous lasse. Ce printemps, Canal a annoncé qu’il n’y aurait pas de saison 4.

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