Les victimes de la CIA

Dès la fin des années 50, la CIA et l'armée américaine se livrent à des expériences sur des cobayes… humains.

cobayes_cia_rtbf

À l’époque où les États-Unis traînent en justice 23 médecins nazis pour leurs expériences sur des prisonniers juifs dans les camps de concentration (le fameux procès de Nuremberg), le pays de l’Oncle Sam pratique lui-même dans l’ombre des tests sur des êtres humains. Sous prétexte d’études sur le cerveau, des dizaines de milliers de cobayes vont devenir des rats de laboratoire, le tout chapeauté par la CIA et l’armée américaine. Lavages de cerveau, manipulations mentales, prises forcées de psychotropes, enfermement et tortures sont le lot quotidien des victimes choisies parmi les populations les plus faibles (les Noirs à l’époque, mais aussi les indigents, les orphelins, les déshérités les malades, les prisonniers…).

« J’ai entendu des gens gémir, témoigne l’une des anciens cobayes du projet MK-Ultra. On les forçait à faire ce qu’ils ne voulaient pas. Ce n’était pas des cris, mais des pleurs. Ils ne voulaient pas y aller ». Les témoignages s’enchaînent et font froid dans le dos. Un ancien soldat américain, réquisitionné pour laver les restes d’une bombe nucléaire, voit aujourd’hui toute sa descendance atteinte d’étranges maladies : pied déformé, cancer, tumeur, bipolarité… « Ça fait beaucoup pour une seule famille, vous ne trouvez pas ? » Et lorsqu’on lit les rapports de ces études aujourd’hui déclassifiés, on croirait avoir affaire à des scénarios de science-fiction : ampoules empoisonnées dans le métro new-yorkais, céréales radioactives dans un orphelinat, prise involontaire de LSD par les clients d’un bordel,… Le but ultime de toutes ces expériences est lui aussi digne d’un roman de SF : fabriquer des espions programmables à distance. Aujourd’hui encore, plusieurs victimes traînent en justice les responsables de ces expériences atroces. Certains ont abandonné. D’autres sont morts.

Plus d'actualité