Elven, une série glaçante

Elven, la rivière des secrets s’inscrit dans la tradition du polar nordique. On frissonne déjà.

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En 8 épisodes de 43 minutes, la nouvelle série d’Arte nous entraîne dans les méandres d’une intrigue complexe, à tiroirs, où tous les pas en avant semblent ouvrir de nouvelles pistes. Elven, la rivière des secrets fournit un exemple de plus de ces productions dites locales qui n’ont plus rien à envier au savoir-faire des grands studios américains. Tournée en Norvège, en norvégien, avec des acteurs norvégiens, sur une histoire d’auteur norvégien (Arne Berggren), elle a réussi à nous attraper, nous captiver, à la façon d’un polar d’Henning Mankell ou de la série The Killing.

Quoi, encore un thriller dans la neige, avec une héroïne forte opposée à sa hiérarchie, en butte à un complot politique, qui dévoile les dessous peu reluisants d’une société que pourtant le monde entier présente comme idéale? Euh. Oui, c’est un peu ça. En résumé, en effet, tout démarre dans une bourgade au nord du pays, près des frontières russe et finlandaise. Une petite fille découvre une main près d’une zone d’entraînement militaire. L’inspecteur Thomas Lonnhoiden se saisit de l’enquête. Originaire du coin, il a pourtant vécu à Oslo et a du mal avec la hiérarchie. Ce loup solitaire, flic intègre, a perdu ses parents dans un crash aérien pendant la guerre froide. Au fil des épisodes, ce passé le rattrapera.

Durant l’enquête, il soulèvera des lièvres de la taille de mammouths gelés, qui l’amèneront à se confronter avec l’armée, les politiciens et les services secrets. Le tout situé dans des décors de lacs, de forêts, glacés, hostiles, aussi fermés que les gens qui y vivent. Évidemment, sur papier, l’affaire semble entendue: on a déjà vu ou lu ça. Pourtant au visionnage, la série tient vraiment la route. La réalisation comme la construction du scénario affichent de vraies ambitions et une grande maîtrise des ambiances et du suspense. Un pur plaisir glacé, un vrai polar de fin d’été.

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