Simul et singulis

“Être ensemble et soi-même”. À voir Les coulisses de la Comédie-Française, la devise est juste.

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Se glisser dans les loges. Entendre les trois coups côté cour, derrière la scène de la Salle Richelieu. Aller voir les comédiens, les magiciens, qui se lèvent. C’est ce que nous promet le film de François Rabaté. Et il remplit son contrat. La caméra s’est infiltrée un an, enfin une saison, dans les couloirs de la prestigieuse institution. Elle suit quatre acteurs fraîchement sortis des écoles de théâtre, nouveaux “académiciens” (terme qui désigne les jeunes pousses en apprentissage). Ils porteront des oreilles de lapin, chanteront de l’Aznavour, feront des essayages au département costumes, répéteront dans les sous-sols, seront accueillis par leurs pairs, applaudis par le public. Et nous, dans leur sillage, on visite, on découvre les petits métiers, le savoir-faire qui se cache derrière les représentations de classiques moins poussiéreux qu’on ne le pensait.

On y croise, aussi, les prestigieux sociétaires, Guillaume Gallienne, Denis Podalydès, Laurent Laffite et notre génial compatriote Christian Hecq. On a raison de l’appeler La Ruche, ce petit monde à part. On a raison, aussi, de la surnommer La maison de Molière, même s’il était mort lorsqu’elle fut créée. Tout y est dédié au spectacle vivant. Les ors, le velours rouge, les rituels et le faste ne sont là que pour mettre en valeur l’art de ses habitants et la beauté des 3000 pièces de son répertoire. Ce n’est pas l’antre de l’avant-garde, d’accord. La Grande Dame se la pète un peu, on ne va pas le nier. Tant pis, il faut aussi qu’on les joue, les sublimes tragédies de Racine ou de Victor Hugo! La passion du métier, même dans la difficulté, la joie de créer, le bonheur d’être là, éclatent à chaque séquence. Oui, on en a eu plein les yeux. Mais surtout, on pensait suivre une leçon d’histoire, on a vécu une aventure humaine.

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