Des voix et des cuivres

Laurent Gerra avec un orchestre: un rêve de gosse pour l'imitateur qui ne grandit pas.

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C’était en 2014. Pour fêter ses 25 années de carrière, Laurent Gerra s’offrait un petit plaisir en forme de rêve d’enfant: monter sur scène avec un orchestre, un vrai, composé de dix-neuf musiciens et d’un chef nommé Frédéric Manoukian. L’homme arrive sous les applaudissements, à l’américaine, avec des cuivres qui donnent immédiatement de l’élégance au gala. Le Palais des Sports parisien est plein à craquer, les spectateurs ont les yeux grand ouverts et, surtout, l’oreille en alerte. Ils savent ce qui va suivre: un show d’imitation où Gerra va se délecter dans sa zone de confort, en s’emparant des voix d’Aznavour, de Sarkozy, de Johnny, de Delon, de Luchini. Ils savent aussi que Céline Dion ou Jeanne Moreau seront de sortie côté féminin, même si ça surprend toujours. Ils savent encore que l’ami Laurent fera preuve de grivoiserie et de potacherie, tantôt amicalement, tantôt grossièrement, quitte à descendre en dessous de la ceinture pour faire mouche.

Mais pour cet anniversaire professionnel, Laurent Gerra et son big band ont placé la barre un cran plus haut que de coutume, s’autorisant à suivre des voix qui sortent du répertoire de l’artiste – Philippe Manœuvre, Bénabar ou Benjamin Biolay. Le spectacle est à la fois un hommage à l’époque glorieuse du music-hall et à la chanson française des Ferré et Brassens. Un peu fourre-tout, nous direz-vous, mais l’homme assume tout depuis toujours, c’est bien connu. La performance est surtout d’une efficacité redoutable, et ce pour une raison simple: le chroniqueur de RTL s’amuse comme un gamin, ça se voit et ça sent. Et quand la générosité s’imprime aussi bien dans le rythme que dans la voix, on peut détester le gaillard autant qu’on veut, tout en reconnaissant que ça dépote de bout en bout.

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