L’épée de Damoclès

Retour sur la genèse de la bombe atomique, sur son utilisation et sur ses risques à l'avenir.

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« Pour la première fois, nous étions capables de notre propre destruction en tant qu’espèce.” Les mots sont de l’historien américain Richard Rhodes. De quoi parle-t-il? De l’invention la plus destructrice de l’histoire de l’humanité: la bombe atomique. C’est un peu par hasard que des scientifiques allemands mettent au jour la première fission nucléaire à la fin des années 30. Rapidement, il est question d’en faire une arme d’une puissance jamais atteinte. Les États-Unis débloquent plus de deux milliards de dollars pour se l’approprier, avec l’aide du Canada et du Royaume-Uni. Le célèbre « projet Manhattan » est mis sur pied et le physicien Robert Oppenheimer entre dans la légende.

C’est le Nouveau-Mexique qui a le privilège d’être le premier théâtre du champignon atomique. Mais il ne sert que d’échauffement à la première attaque nucléaire de l’Histoire, qui se conclura quelques jours plus tard, en août 1945, par la destruction des villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki. S’ils viennent de faire entrer le monde dans un nouveau type de guerre, les États-Unis sont rapidement rejoints par d’autres grandes puissances dans la course effrénée à la bombe nucléaire. Plus qu’un rappel historique effrayant, le documentaire se voit illustré par les milliers de documents déclassifiés par la Défense américaine qui viennent s’ajouter aux archives japonaises racontant l’horreur de Nagasaki et Hiroshima. Le réalisateur américain Rushmore DeNooyer est aussi allé à la pêche aux témoignages de participants au projet Manhattan, d’hommes politiques et d’historiens. En racontant l’histoire mouvementée de la bombe A, DeNooyer pose la question de la cohabitation des humains avec une arme capable de les réduire en poussière. Pour combien de temps dort-elle encore?

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