Stéphane Rosenblatt et RTL: c’est la rupture

Stéphane Rosenblatt, directeur de la télévision, a perdu son poste de directeur de la télévision... Il a été débouté il y a quelques jours de la première action en justice qu'il a intentée contre la société, et l'a payé cash.

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Le climat est rude chez RTL. Pour le personnel et les managers. Parallèlement au Plan #Evolve, qui a causé 88 licenciements au mois de mars, la situation est tendue au sein même de la direction. Entre autres dissenssions, Philippe Delusinne, administrateur délégué, et Stéphane Rosenblatt ne voyaient plus l’avenir de la même façon. Quand Erwin Lapraille a été nommé directeur des radios en juin, à la place d’Eric Adelbrecht, il a repris sous sa tutelle le direction des contenus de Bel RTL qui avait été confiée à Stéphane Rosenblatt en 2017. Le directeur de la téle n’a pas apprécié, et a introduit une citation en référé contre son employeur pour défendre en urgence ses prérogatives et une action au fond visant à obtenir des indemnités de départ.

Inutile de dire que ce ne sont pas les actions en justice qui cimentent la bonne entente dans une société. En attendant la décision judiciaire, chacun est resté dans son bon droit et a accompli son travail comme si de rien n’était. Mais le 18 juillet, la chambre des référés du tribunal du travail a débouté Stéphane Rosenblatt, estimant qu’il n’y avait pas de caractère d’urgence – or la procédure de référé vise à obtenir une décision rapide pour résoudre un litige qui ne peut attendre.

Depuis quelques jours, on se demandait comment la situation – intenable – allait se régler. Impossible de tirer un trait et de tout oublier, de part et d’autre. Difficile pour Rosenblatt, qui a fait appel, de donner sa démission. Il ne l’a pas voulu ou n’en a pas eu le temps. RTL a estimé que, par ses actions et sa « posture générale depuis le mois de mai » comme le dit un communiqué interne, il a créé une rupture de confiance et marqué sa « volonté de mettre fin à la collaboration ». Il aurait donc tacitement accepté de partir au moment où le Conseil d’administration et la direction de RTL ont « pris acte » de cette forme très particulière de rupture de contrat. Et cela sans indemnité (puisqu’il ne s’agit pas d’un licenciement) – à moins que l’action au fond tranche plus tard en sa faveur.

Si cette procédure légale échappe au fonctionnement classique du départ d’un employé, on ne peut nier ni le problème de confiance mutuelle, ni la façon assez ferme avec laquelle elle a été entérinée. Stéphane Rosenblatt a pris un risque, qui n’a pas payé. Et la séparation ne s’est pas faite autour du verre de l’amitié.

Une chose est sûre, la chaîne perd là un de ses plus grands professionnels – Philippe Delusinne lui-même l’a toujours reconnu -, un directeur de la télévision qui connaissait tous les aspects du métier et un homme qui a gagné l’estime de ses pairs comme de ses collaborateurs. Une fois de plus, c’est un choc pour tout le personnel de la chaîne, d’autant qu’il va devoir être remplacé à quelques semaines de la rentrée.

La direction a certainement déjà arrêté son choix sur son remplaçant. On évoquait deux noms il y a quelques semaines: Georges Huercano, directeur des magazines, et Laurent Haulotte, directeur de l’info. Deux personnalités. Très différentes. Chacun a ses qualités, son histoire et ses méthodes. Si la décision se joue entre eux, elle marquera clairement l’avenir des trois chaînes télé RTL. Et donc leurs téléspectateurs. Mais il est toujours possible de voir débarquer un transfuge… En attendant, Philippe Delusinne assure l’interim avec les équipes en place.

Quoi qu’il en soit, on souhaite le meilleur à Stéphane Rosenblatt pour qui on aurait espéré une fin de carrière moins brutale.

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