La grande musique de nuit

Comme chaque année, Arte nous emmène en direct au festival de Salzbourg, le Tomorrowland des mozartiens.

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Il suffit de quelques notes pour être heureux. Le “Papapapapapapapapageno…”, les “Ah ah” de cristal de la Reine de la Nuit, ces contre-fa miraculeux, Everest des sopranes. Ce soir, le bonheur est à portée de zapette. À Salzbourg et dans notre salon, La flûte enchantée nous entraîne, une fois encore, dans son rêve étoilé. Le dernier opéra de Mozart pourrait devenir l’Arlésienne du festival. Ses représentations s’y ramassent à la pelle. Que proposer de plus ce soir? La mise en scène de l’audacieuse américaine Lydia Steier. À 40 ans à peine, elle a convaincu l’exigeant public allemand par des représentations culottées de classiques (Turandot, Le Hollandais volant) comme d’œuvres modernes (The Rake’s Progress). Une femme, dans le monde toujours très masculin de l’opéra, bourrée de talent et de style, on applaudit déjà. Sa version des amours de Tamino laisse délibérément de côté les allusions maçonniques pour se concentrer sur l’accessibilité au spectateur.

La bonne idée est d’introduire ce personnage du conteur, joué par un comédien, qui narre toute l’histoire à ses petits-enfants. Mozart redevient tous publics. Les costumes et les décors nous invitent à la fête… Ce parti pris ne conduit pas pour autant la direction musicale à baisser la garde et l’exigence. La distribution augure de performances vocales exceptionnelles. En tête d’affiche, on retrouve, enfin, encore, la colorature russe Albina Shagimuratova dans son rôle fétiche (qu’elle a d’ailleurs déjà chanté ici). Un grand moment. Et comme ce qui suit Mozart, c’est encore du Mozart, ce dimanche, l’on retrouvera, sur la même chaîne, Mozart à Prague, à 0h50, et surtout le merveilleux Don Giovanni (hélas diffusé à 01h45!). Yesterday is history, today is a gift, tomorrow is mystery. À Salzbourg, aussi.

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