GLOW : une deuxième saison qui fait du bien

Comme un excellent repas que l’on aurait englouti trop vite, on a binge-watché la saison 2 de GLOW. À peine rassasié, on en veut encore, et on vous explique pourquoi.

GLOW : une deuxième saison qui fait du bien

Attention, cet article contient de nombreux spoilers sur la saison 2 de GLOW.

Alors que la première partie des Gorgeous Women of Wrestling avait rencontré un succès modeste l’année dernière, ce second volet met la barre (très) haut pour la suite de la série (si Netflix le veut bien). Créée par Carly Mensch (productrice d’Orange is The New Black) et Liz Flahive (scénariste et productrice pour Nurse Jackie), GLOW nous plonge dans les années 80, lorsqu’un réalisateur déchu de séries B décide de créer une émission de catch féminin.

Si la première saison racontait la concrétisation de ce pari fou et posait les bases de la série, cette deuxième partie prend le temps de s’intéresser un peu plus à ses nombreux personnages. Car si le show est majoritairement mené par Alison Brie (Ruth) et Betty Gilpin (Debbie), GLOW n’est rien sans sa brochette de personnages féminins pas si secondaires que ça. « C’est la grande liberté qu’offre une deuxième saison, a confié Liz Flahive. On peut se diversifier maintenant que le public connait et aime les personnages et comprend l’histoire de la série et les bases du catch. Nous avons quinze femmes extraordinaires et, idéalement, à la fin de la série, vous les connaitrez toutes de manière beaucoup plus approfondie ».

L'excellent épisode 8 de GLOW © Prod

Ma maman est une catcheuse

Tout comme Sam Sylvia (Marc Maron) qui commence à se préoccuper du sort de ses catcheuses (et de son nouveau rôle de père), la série fait de même, en mettant par exemple le personnage de Tamee, aka. Welfare Queen (Kia Stevens, véritable catcheuse) en avant dans un épisode où la jeune femme rend visite à son fils, l’un des seuls Afro-américains à avoir été accepté à Stanford et qui découvre la vraie profession de sa mère avec beaucoup d’incompréhension.

Mais la difficulté de mener de front son rôle de mère et de catcheuse professionnelle prend surtout les traits de Debbie, tourmentée par son divorce. Entre sanglots et crises de nerfs, l’actrice nous offre un jeu remarquable. Son interprète Betty Gilpin a récemment confié qu’elle souhaitait que son personnage continue dans cette direction : « Si j’étais l’amie de Debbie, je voudrais qu’elle trouve le succès à Vegas (là où la troupe se dirige en fin de saison, NDLR), qu’elle redevienne amie avec Ruth, qu’elle commence à jardiner, vive une vie paisible et écrive de la poésie. Mais en tant qu’actrice, je veux qu’elle tombe dans la drogue (rires). Je veux qu’elle se ballade dans les rues en criant […] Je veux qu’elle continue à dégénérer ».

GLOW © Prod

Cette saison nous offre aussi ce qu’on attendait depuis bien longtemps : un véritable épisode de GLOW, tel que diffusé à la télévision dans les années 80. Paillettes, kitch et humour grotesque : tout y est et ce huitième épisode décalé restera peut-être l’un des meilleurs de la série. Il semblerait que les fans aient en tout cas adoré.

Nouveaux personnages et lutte féministe

En plus d’approfondir les diverses personnalités de ses personnages, cette seconde saison en introduit de nouveaux tout aussi intéressants : Yolanda, une nouvelle catcheuse latino-américaine, stripteaseuse et lesbienne ou encore Russel (plus discret), nouveau cameraman du show interprété par Victor Quinaz, et qui offrira quelques moments (mérités) de tendresse à Ruth.

Tu es sensée lui faire croire que tu pourrais le baiser, ou que tu veux désespérément le baiser, mais que tu as un fiancé ou tes règles.

Et si le catch est toujours inévitablement central à la série, le thème de cette seconde saison est sans nul doute l’émancipation des femmes et la bataille contre l’emprise du patriarcat. La lutte sur le ring n’est rien comparée aux combats que les femmes doivent mener au quotidien. La domination masculine dans le monde de l’audiovisuel est magistralement représentée tout au long de cette seconde saison : Debbie ne se faisant pas inviter aux réunions « entre hommes » alors qu’elle est co-productrice ou le simple fait que GLOW soit bougé de case horaire au profit de catch masculin. L’actualité fait une incursion réussie dans la série lorsque Ruth se retrouve, malgré elle, dans la chambre d’hôtel du patron de la chaîne qui l’agresse sexuellement. Le dialogue qui s’ensuit entre Debbie et Ruth fait le reste :

– « Quoi, j’étais sensée coucher avec lui ?
– Non, tu es sensée lui faire croire que tu pourrais le baiser, ou que tu veux désespérément le baiser, mais que tu as un fiancé ou tes règles.
– Je ne suis pas ce genre de personne.
– De quoi, une actrice ? C’est comme ça que ce business fonctionne. Les hommes tentent des trucs pourris et tu dois faire semblant d’aimer ça jusqu’à ce que tu ne doives plus ! »

Ruth et la nouvelle catcheuse Yolanda dans GLOW © Prod

Une saison 3 à Las Vegas ?

À la fin de la saison, les quinze catcheuses embarquent dans un bus direction Las Vegas pour y jouer leur show en live. Une bonne fin de série… ou un très bon début de saison 3. Netflix n’a pas encore commandé de troisième saison, mais ses créatrices sont déjà pleine d’inspiration pour la suite (espérée) du show : « On a des centaines d’idées sur ce qu’on veut faire, mais on verra… J’espère qu’on obtiendra le nombre de saisons qu’on rêve d’avoir, car je pense qu’on pourra alors explorer chaque personnage », a expliqué Mensch au Hollywood Reporter. On croise les doigts en attendant la décision du tout puissant Netflix…

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