Le roi du « cool »

L'extraordinaire destin de John Travolta, entre gloire, oubli et résurrection.

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Quand on le découvre en 1977 en train d’arpenter les rues d’un pas chaloupé de dingue au son des Bee Gees dans La fièvre du samedi soir, le sourire naïf en bandoulière mais sûr de son sex-appeal, et pour cause, on se dit que ce petit Italo-Américain au nom très dansant de John Travolta va bouffer tout cru Hollywood. Il danse comme un dieu vivant, c’est le roi du cool tombé du ciel en pleine furie disco. C’est son premier film, et il n’a pas tort de croire en son étoile: dès le lendemain, l’acteur se réveille star à temps plein et les fans déchaînés ne lui lâchent plus le cou. Mais comme nous le rappelle le doc de Cohen et Coursat, le monde (de Travolta) ne s’est pas fait en un jour.

Comédien de l’ombre et cadet de six enfants, il est obligé de travailler très tôt pour aider ses parents aux revenus modestes et aux rêves trop grands. Que John concrétisera en devenant “une icône, le poster d’une époque”. Un statut qui amplifie encore avec la comédie musicale Grease. La Travoltamania est en route pour… une longue traversée du désert inattendue. Travolta enchaîne les bides (même l’excellent Blow Out de de Palma où il se révèle un formidable acteur est un échec cuisant), refuse le statut d’homme-objet, accumule les mauvais choix, embrasse la scientologie. Et plonge dans l’oubli. Jusqu’à l’arrivée de Tarantino qui fait renaître de ses cendres le quadra dodu avec le barré et génial Pulp Fiction (Palme d’or 1994). Roi de la pop culture, l’acteur tourne aujourd’hui à plus de 20 millions de dollars par film, mais reste d’un cool et d’une courtoisie rares. On l’a encore vu en mai à Cannes où il n’a pas hésité à se mêler au public du Cinéma à la plage par un froid de canard pendant toute la durée d’un Grease restauré qui a donné à la Croisette un furieux air de déhanché géant.

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