Une adaptation ratée

Profiter du succès cinéma de Training Day semblait une bonne idée. Mais non…

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En 2001, Antoine Fuqua sort un polar âpre et cinglant qui suit le premier jour d’un jeune flic idéaliste, Jake Hoyt, auprès d’une star des stups, Alonzo Harris. Mais le héros est aussi raciste, corrompu, extrêmement violent. Et quand Hoyt menace de le dénoncer, Harris tente de le faire abattre. Training Day remporte un énorme succès, tant public que critique, et deux nominations aux Oscars, pour Ethan Hawke (meilleur second rôle) et Denzel Washington qui rafle la statuette de meilleur acteur. À l’heure où les producteurs cherchent à bâtir de nouveaux succès en exploitant les ingrédients des anciens, Fuqua envisage une suite sous forme de série en s’associant notamment à Jerry Bruckheimer et son bras droit Jonathan Littman (Lucifer).

Le résultat est consternant. Pas seulement parce que Denzel Washington et Ethan Hawke ont disparu. La série, d’une banalité crasse, a perdu tout l’acide qui corrodait le film. Elle démarre quelques années plus tard. Le bleu est black cette fois. Kyle Craig (Justin Cornwell, aperçu dans Empire) a le profil du bon élève et une obsession: résoudre le meurtre nébuleux de son père. Frank Rourke (Bill Paxton, Twister), lui, est le vieux flic efficace et brutal. Le chef de la police (Marianne Jean-Baptiste, FBI portés disparus) affecte Kyle auprès de Rourke, à la fois pour le déniaiser et pour la renseigner. Les magouilles d’Alonzo Harris ont permis la remise en liberté des malfrats qu’il avait arrêtés. Pas question de risquer la même chose avec Rourke… Si la version série de L’arme fatale a séduit c’est parce qu’elle a su s’écarter du modèle avec des personnages forts et une écriture solide. Ici, on reste dans la caricature cheap et mal ficelée. Bill Paxton est décédé avant la fin du tournage. Il n’a pas su que Training Day ne connaîtrait qu’une petite saison…

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