Régime politique

Dans Un village à la diète, TF1 donne 120 jours aux Varsois pour perdre 700 kg et courir 10 km.

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Le concept vient du Brésil, puis s’est exporté en Suisse, en Espagne, au Canada, avant d’être adapté à la culture française. A priori, il nous gêne aux entournures. D’abord, l’idée de la télé – et de l’État – paternaliste, admonestant des citoyens majeurs de manger mieux, ça crispe toujours un peu et ça contribue à la grossophobie ambiante. Ensuite, il y a la médiatisation d’un maire, personnage politique, représentant d’un parti (LR, étrange coïncidence), par un programme de téléréalité et dans le rôle du gentil. Oui, l’émission soulève de vraies questions d’éthique. À côté de ça, on ne peut pas nier ses qualités. L’édile, Jean-Marc de Lustrac, médecin urgentiste et sportif dans le civil, mouille sa chemise. Et les quatre coachs sont télégéniques à souhait.

On retrouve Laury Thilleman, miss France 2011 et coach sportif, Vanessa Rolland, médecin nutritionniste, Renaud Longuèvre, entraîneur de l’équipe de France d’athlétisme et, surtout, l’omniprésent Thierry Marx, Maître Yoda de la gastronomie et féru d’arts martiaux. Ouf, les habitants ne sont pas convoqués à la mairie et forcés de s’inscrire. Sur 2000, ils seront 200 motivés. On les verra se remettre en forme (certains n’ont plus fait de sport depuis 15 ans), apprivoiser les légumes, revoir le contenu de leur assiette, craquer et, surtout, s’épauler, se parler, autour d’un projet commun. TF1 montre ici son sens de la proximité, de la reliance, du storytelling. On parle à la France de Jean-Pierre Pernaut, avec un programme rassurant et feelgood. Il en restera, donc, du positif. Un défi partagé ensemble, des infrastructures construites et pérennes (le club de fitness), un joli coin mis en avant, des résolutions partagées, des sourires et des messages de santé publique qui finiront bien par rentrer. On a eu peur.

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