C’est ton héritage

Arthur Gillet revient avec tendresse sur les traces de son (ou de notre) passé.

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Avec la mer du Nord pour premier terrain vague, le réalisateur belge Arthur Gillet nous plante le décor. Le documentaire débute comme ça, avec une vue sur l’horizon et une voix apaisante de femme qui nous susurre l’histoire. “L’histoire est écrite entre deux pays, liés l’un à l’autre sans trait d’union”, dira-t-il plus tard avec sa voix à lui, sa voix d’adulte de trente ans qui porte l’héritage d’un passé colonial. Il est le petit-fils de Joseph, un colon belge, et de Léontine, une Congolaise métisse. Après le décès de son grand-père en 1994, Arthur demande à Léontine de lui raconter leur épopée amoureuse. Dans la maison de Floreffe, avant la sieste du petit garçon, elle commence toujours par: “Il était une fois dans un pays lointain”…

Congo belge, dans les années 50. Lui est venu y travailler pour l’État, elle, est la fille d’un commerçant noir et d’une femme métisse. Alors qu’il ne croyait plus à l’amour, elle lui dit qu’elle sait qu’ils s’aimeront toute la vie. Cinq cents correspondances témoignent de ce coup de foudre. Comme pour ne jamais oublier – “la caméra retient les visages et les voix, elle est plus forte que ma mémoire (sic)” -, Arthur se lance dans la réalisation d’une chronique familiale. En 2013, sa grand-mère est placée en maison de repos. C’est là qu’il va la filmer et, avec douceur et respect, lui demander de raconter ce qu’elle a toujours omis de dire dans ses contes pour enfants. Quelques mois plus tard, Léontine meurt à son tour. Il y avait encore tant à transmettre pourtant. Par chance, une matière riche et abondante vient combler le manque: des bobines de films super-8 tournées au Congo belge, des lettres, des albums de famille et des documents officiels, qui permettront par la suite de mieux cerner l’enjeu d’un mariage belgo-congolais à l’époque.

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