La mode, Mecque de mecs

Dans Des hommes stylés, Loïc Prigent - belle signature dans le domaine du docu mode - raconte les goûts et les couleurs de la garde-robe masculine.  Attention les yeux (et le reste).

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Le rythme est cadencé (avec Loïc Prigent, on ne chôme pas) et l’ensemble forme une longue galerie d’images en mouvement qui retrace l’évolution de la garde-robe masculine. Par des allées et venues entre passé, présent et – pour les moins habitués à la culture fashion – futur, Prigent propose un guide drôle et interpellant dans les habitudes vestimentaires des hommes depuis ceux à froufrous des tableaux de maîtres jusqu’à ceux des défilés qui osent tout, transgressent tout, explosent tout. On commence, comme il se doit, dans les ateliers Berluti pour une démonstration de coupe exemplaire devant mener à la confection d’un costume au classicisme homologué. On finit, en apocalypse, avec le démantèlement en bonne et due forme des normes.

Dans cet acharnement contemporain à redéfinir la virilité vestimentaire, on trouve des créateurs au message radical… Olivier Rousteing pour Balmain qui crée des vestes-trésors (17.000 euros tout de même), le Belge Walter Van Beirendonck qui propose une collection influencée par le fétichisme SM et le porno, Palomo Spain, griffe espagnole qui abolit les frontières du genre et propose à l’homme de se réapproprier dentelles, broderies et perles. Des attributs perdus en cours d’histoire mais pourtant présents dans le dressing des grands élégants d’avant (princes, rois, maharadjahs) et dans la conception de certains costumes d’apparat comme celui du torero dont l’extrême luminosité des galons n’a jamais remis en question la masculinité.

Avec son éternel sourire en coin (“Pourquoi vous vous habillez comme ça?”), Loïc Prigent, référence incontestée du docu mode, interroge excentriques, néodandys, hommes d’avant-garde. Mais aussi designers (Paul Smith, agnès b., Véronique Nicachian, directrice artistique de l’homme chez Hermès…) et, petites sucreries dont il a le secret, des VIP coincés en sortie de défilé – David et Victoria Beckham, moins bavards que Karl Lagerfeld qui termine l’entretien, comme il se doit dans ce monde mi-cruel, mi faux cul, par un bisou envoyé à la caméra.

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