La mer patrie

Tomm Moore confirme avec ce trip légendaire à la poésie sublime qu’il est un réalisateur de dessins animés à suivre de très près.

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Au commencement, il y avait une petite famille vivant dans un phare, penché sur un bel océan bleu nuit. Puis la mère a disparu un beau jour, laissant le père, robuste barbu au cœur d’or, avec ses deux bambins, Ben et sa petite sœur Maïna. Féru de légendes celtiques, l’Irlandais Tom Moore (auteur du bijou Brendan et le secret de Kells) peuple son monde, jusque dans la ville où les enfants vont se réfugier chez leur grand-mère, de petits êtres merveilleux, de lutins et de farfadets aux bouilles rondes, mais aussi d’esprits légendaires des mers. La petite Maïna elle-même s’avère être un selkie (don transmis par sa maman?), une espèce de sirène, mi-femme, mi-phoque. Tout cela serait trop beau si la Sorcière aux Hiboux n’avait décidé d’y mettre son mauvais grain de sel. Accompagnés de créatures facétieuses et de nains rigolos, Maïna et son frère se lancent dans une grande aventure pour réveiller la magie du monde…

Loin de l’armada d’ordinateurs et des superbes images de synthèse des monstres Pixar, quel pouvoir peut donc exercer aujourd’hui sur les jeunes et les moins jeunes cette petite histoire toute simple découpée dans des dessins traditionnels, façonnés à la manière d’enluminures du Moyen-Âge? Toute une poésie d’un autre âge, pardi! Qui nous apparaît comme la possibilité d’une île de tranquillité loin des flots tumultueux du réel ou de l’image recomposée. Un monde en suspension où tous les “si” deviendraient possibles. C’est peu de dire que la magie opère, tant la poésie de ce conte animé luxuriant nous étreint. Charriant avec douceur des sujets universels aussi graves que le deuil, le manque et la jalousie fraternelle, Le chant de la mer est une petite merveille de dessin animé que l’on déguste avec le cœur et les yeux. Un cadeau authentique pour notre âme d’enfants éternels.

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