Un rêve éveillé

En termes d’opéra, le spectacle de ce soir est le blockbuster absolu. À l’affiche: Verdi-Shakespeare-Domingo-Netrebko.

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Ce soir, on part au Staatsoper de Berlin, en direct, enfin en très léger différé, pour ce qui est l’un des concerts les plus attendus de la saison lyrique (ultra sold-out, les bonnes places s’envolaient à 250 €!). Le résultat sera-t-il à la hauteur du prestige des interprètes? Car ces deux superstars de l’opéra sont aussi sans doute les plus grands spécialistes de Verdi d’aujourd’hui. Alors on espère des paillettes plein les oreilles (plutôt qu’un spectacle bling bling).

L’enjeu est réel. Ces derniers temps, Anna Netrebko, superstar du Met, artiste la plus réclamée, diva populaire qui a chanté l’hymne olympique à l’ouverture des J.O. de Sotchi est régulièrement critiquée pour ses performances vocales. La Splendida, indissociable de Verdi, a déçu ce printemps au Royal Opéra House de Londres, dans ce même rôle de Lady Macbeth. On lui a reproché un timbre inégal et assourdi (même pour cette œuvre plus noire), ainsi qu’un manque de virtuosité et de souplesse pour assumer les parties bel canto. On avait pointé le reste de la distribution, qui ne fournissait pas le répondant nécessaire pour qu’Anna Netrebko déploie son art.

Ici, intervient Placido Domingo. Le ténor a déjà incarné MacBeth plusieurs fois. Ensemble, ils devraient mettre le feu et la passion sur la scène berlinoise. Et nous faire vivre cette histoire tragique d’amour, de folie et de destruction créée en 1847. Macbeth est conçu comme un cauchemar. L’œuvre a marqué un tournant dans la carrière de Verdi. Elle a fait évoluer ses compositions, privilégier l’intensité dramatique aux grands airs et aux morceaux de bravoure. C’est là que les deux monstres sacrés ont toutes leurs cartes à jouer…

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