Holmes, my name is Holmes

Comment rendre un Sherlock Holmes très âgé et diminué passionnant ? En donnant le rôle à Ian McKellen !

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On ne sait si ça n’a pas choqué Ian McKellen, lui, l’acteur de talent fou qui a longtemps incarné le super-puissant Magnéto des X-Men, de se faire approcher, à 76 ans, pour incarner un Sherlock Holmes de 17 ans de plus que lui, malade, usé et au cerveau défaillant. Car oui, Mister Holmes a dans le film 93 printemps bien sonnés et vit sa retraite un peu péniblement dans la campagne du Sussex. Si ses petites cellules grises n’ont plus, loin s’en faut, leur vivacité exceptionnelle d’autrefois, le détective n’en est pas moins taraudé par une vieille affaire non résolue depuis un demi-siècle. Sans Watson, Holmes va devoir, pour cette enquête qui s’avère la plus difficile de son existence, faire le tri entre le vrai et le faux d’une mémoire qui lui joue des tours…

Alors que l’on a connu la version adolescente du personnage de Doyle avec le récréatif Le secret de la pyramide de Levinson, voici la variante imaginaire de l’arrière-grand-père dont les facultés intellectuelles vacillent très sérieusement. À l’intérieur d’un récit policier classique et élégant empreint d’une douce nostalgie, Condon interroge très habilement le mythe. À travers le temps qui passe et piétine allègrement sa gloire passée. Mais aussi à travers l’image que se fait le public du héros Sherlock Holmes, véhiculée avec une telle frénésie par les médias que Holmes ne se reconnaît pas lui-même dans un caméo plein d’humour. Après la multitude de films et de séries (dont la meilleure a pour visage l’épatant Benedict Cumberbatch) dédiés à la légende, c’est Ian McKellen, qui avec un équilibre parfait entre autodérision et verve piquante nous dit: “Je suis Holmes”. Malgré son âge, il s’y emploie avec un tel génie qu’on ne peut que le croire.

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