Supporter ou citoyen ?

À l'attribution, nous promettions de boycotter ce Mondial sali par la corruption. Et pourtant…

coupe_du_monde_belga

On y est, enfin! La Coupe du Monde a cela d’exceptionnel qu’elle nous fera vibrer comme des dingues ce soir devant Russie-Arabie Saoudite. Et pourtant, nous avions pleuré lorsqu’est tombée la décision de la FIFA d’attribuer à la Russie l’édition 2018. Le 2 décembre 2010, jour de l’annonce, devait être un beau moment pour le football. Trois des quatre candidatures étaient alléchantes: si le solide dossier remis conjointement par la Belgique et les Pays-Bas nous permettait de rêver, et que celui de l’Espagne et du Portugal sentait bon le sable chaud, la possibilité d’assister à un Mondial en Angleterre, pays du foot, nous mettait en transe. Ça ne pouvait être que là: Londres, Manchester, Liverpool. Mais non, cette année, la plus grande fête du football aura lieu à Sotchi, Kazan et Kaliningrad. Sur les pelouses de stades sans âme, où les cris racistes et homophobes qui peuplent la saison du championnat russe résonnent encore.

On le sait, tout le monde le sait, il y a eu magouille. C’est à peine si la FIFA s’en défend. Au début, les supporters étaient unanimes. Leur déception parlait lorsqu’ils promettaient de boycotter la Coupe du Monde en Russie et ils invitaient presque les joueurs à en faire autant. Le Mondial brésilien se profilait et on savait qu’il faudrait attendre longtemps avant de revivre une fête pareille. Aujourd’hui, on y est. Aucun joueur ne la boycotte (à part les Italiens) et on peut affirmer sans trop prendre de risque que personne ne pourra vivre en marge de l’événement. Il y a quelque chose de triste dans notre dépendance au ballon rond, qui s’intensifiera encore lors de l’édition 2022. Cette édition au Qatar qui place aussi ses bases sur la corruption et le sang de ses ouvriers/esclaves… Mais le football est une drogue et le supporter oublie vite. Alors que la fête commence!

Sur le même sujet
Plus d'actualité