Nolan part en guerre

Christopher Nolan nous fait vivre l‘“Opération Dynamo” de mai 1940 comme si nous y étions. Impressionnant !

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Réalisateur surcoté, Christopher Nolan n’en est pas moins un très grand faiseur d’images de cinéma. Et un authentique passionné de son art. Puriste, le cinéaste n’hésite pas en effet, comme pour le présent Dunkerque, à filmer en pellicule 70 mm, et il vient de récemment critiquer vertement Netflix pour sa politique de diffusion en ligne hostile aux salles de cinéma.

Après le thriller cérébral (Memento, son meilleur film à ce jour), la sublimation de comics avec sa trilogie Batman qui pour certains a révolutionné le genre de fond en comble et l’épopée science-fictionnelle métaphysique (Interstellar), le réalisateur britannico-américain s’attaque à un genre inattendu et plus couru, le film de guerre. Toujours armé d’une ambition à la limite de la prétention, Nolan relate avec Dunkerque la célèbre évacuation des troupes alliées britanniques en mai 1940. Et il faut dire qu’il n’a pas lésiné sur les moyens: tournée sur les lieux mêmes de l’action, la reconstitution d’époque est soufflante, offrant un spectacle immersif inouï. Mais cette épopée au visuel archi-travaillé, Nolan l’a élaguée jusqu’à l’os, offrant une réflexion pleine de sens sur l’héroïsme des petites gens, et pour une fois presque de la chair vivante à ses personnages, qui restent cependant toujours trop sacrifiés.

Malgré son manque de perspective et sa vision étriquée de l’histoire (il a été reproché à juste titre à Nolan de “blanchir” les faits, mettant sous silence la présence d’au moins 1800 soldats des forces royales indiennes), Dunkerque s’avère un divertissement spectaculaire, une véritable expérience physique, sonore et mentale de ce qu’est la guerre. Et même sur un petit écran de télé, on reste sous le choc.

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