Champion ou pas?

Trop clivante, la série a naturellement glissé sur La Deux. Était-ce mauvais pour autant?

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Les frasques de Souli n’auront finalement pas convaincu les habitués de La Une. Le pari était osé, complètement fou en fait. Placer, en prime, une série sur l’univers du foot avec un personnage principal maghrébin issu des quartiers populaires de Bruxelles: avec un peu recul, il faut reconnaître que l’idée est complètement dingue. Déjà totalement inexportable (à l’inverse de La trêve ou Unité 42), Champion va en plus à contre-courant des envies du public de sa chaîne mère. Bien qu’elle constitue un aveu d’impuissance évident, la décision de la déplacer sur La Deux s’avère, dans cette optique, naturelle. Si l’excuse du rajeunissement du public ne cache pas les faibles audiences (209.000 pour le premier épisode, 160.600 pour le troisième…), elle n’est pas aussi bancale qu’elle en a l’air. À la vue des réactions sur les réseaux sociaux, il est certain qu’elle a ramené sur le service public une certaine jeunesse qui délaissait jusque-là les programmes de la RTBF. La série a rempli cet objectif. Mais il s’agissait, en quelque sorte, de la partie facile.

Nous disions il y a une quinzaine de jours que ses faiblesses se voyaient compensées par des moments drôles et touchants. Encore fallait-il que le public de La Une lui laisse une chance de dévoiler ces bons moments. Le premier épisode, volontairement bordélique et parfois à la limite du n’importe quoi, n’a probablement pas aidé à conquérir un large public de fidèles. Finalement, la série est loin d’être mauvaise. Au contraire, elle fourmille de bonnes idées et propose (globalement) un bon casting. Mais elle n’avait pas les épaules pour survivre à son format (cinquante minutes quand on n’accroche pas, c’est long) et à sa case horaire (un deuxième épisode à 21h15 en semaine, quand on n’accroche pas, c’est tard). 

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