Pourquoi il faut voir « Fluctuat Nec Mergitur » le documentaire bouleversant sur les attentats de Paris

Un film extrêmement fort, porté par une quarantaine de témoignages, à voir sur Netflix

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C’est un film puissant, un récit de vie et de mort qui s’ancre dans une soirée qui a meurtri la France et l’idée que l’on se faisait de la liberté en Europe. Les frères Naudet, qui avaient déjà réalisé un reportage primé sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York, se sont attelés à la difficile tâche de raconter ceux du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et 413 blessés. L’idée? Laisser la place à la parole des victimes et des témoins qui se trouvaient au Bataclan, au Stade, au restaurant… Le ton? Pudique.


 
Un parti pris qui évite le sensationnalisme et touche droit au cœur. Jules et Gédéon Naudet ont ainsi rencontré des dizaines de personnes -tant des rescapés, que des pompiers et des policiers- pour livrer trois fois 50 minutes d’une histoire glaçante et humaine. « Fluctuat Nec Mergitur » est construit pour replacer l’homme au cœur du récit, sans en faire des statistiques, une liste de blessés, de survivants, un décompte de morts. Il s’agit ici d’un travail de mémoire. « En dessous de nous, dans la salle, on entendait des hurlements de douleur. Je ne suis pas croyant, mais si l’enfer a un son, c’est celui-là. Celui des cris et de la kalash. » c’est ce qu’explique Nicolas, qui se trouvait au Bataclan le 13 novembre.

Je ne suis pas croyant, mais si l’enfer a un son, c’est celui-là. Celui des cris et de la kalash.

On y découvre aussi, et c’est la première fois, les appels aux pompiers ce soir là. Des gens affolés qui préviennent qu’une fusillade vient d’avoir lieu, que des personnes sont décédées. Tellement surréaliste. « On leur a demandé de revivre cette nuit-là, ajoute le réalisateur, on les a mis dans une pièce noire : c’était très difficile pour eux, mais cela a également été une sorte de thérapie »

Un documentaire extrêmement fort, rempli d’émotions, qui nous passe le message que « la vie continue mais qu’il ne faut pas oublier, c’est notre histoire ». Comme l’expliquait l’un de ses réalisateurs invité sur le plateau de Quotidien, l’idée de ce projet était de « Montrer la beauté de l’être humain au milieu du pire ». Un documentaire très justement nommé selon la devise de Paris, Fluctuat Nec Mergitur, qui signifie « Battue par les flots, mais ne sombre pas ».

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