Lio: le dessin d’un destin

Sous le regard bienveillant de Sébastien Folin, Lio se livre entièrement sur Wanda.

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Quand Wanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos devient chanteuse, elle choisit un nom de scène. La gamine de l’époque trouve le pseudo idéal dans une bande dessinée de Jean-Claude Forest, où l’héroïne, Barbarella, sauve une adolescente brune se prénommant Lio. Un personnage secondaire – et qui le sera toujours – dans lequel l’artiste se projette. Issue de l’aristocratie portugaise, Wanda est contrainte, à 6 ans, de quitter son pays d’origine pour Bruxelles à la séparation de ses parents. Dix ans plus tard, elle connaît un succès fou avec le tube Banana Split que Jacques Duvall, son petit ami de l’époque (et collègue de sa maman), lui écrit. Si les débuts sont marqués par l’opulence – la jeune femme gagne plus en un mois que sa mère en un an – de multiples périodes de dèche (encore présentes aujourd’hui) l’obligent ensuite à redescendre sur terre. Mais elle résignerait pour le même parcours sans hésiter.

Tel un dompteur sur le qui-vive, Sébastien Folin tente comme il peut de contenir une Lio prête à rugir à tout moment. Il lui amène plusieurs sujets, celui du féminisme entre autres, dans lequel la brune au tempérament de feu s’engouffre aussitôt. Le document a beau être entièrement réalisé en noir et blanc, on a parfois l’impression de voir se teinter de rouge le tatouage en forme de coquelicot qu’elle arbore fièrement sur l’épaule gauche joliment découverte. Lio reste un dessin que Wanda est prête à gribouiller à tout moment. L’interview se déroule au sein des studios Harcourt, là où les photos de stars s’animent dès que l’invitée s’exprime avec sa grande sensibilité (ISO). Une chose reviendra souvent au cours de la discussion: le regret de se voir vieillir. De fait, la brune n’entend toujours pas compter pour des prunes.

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