L’heure de la retraite

Le monde en face met les working girls et golden boys des eighties (enfin) à la retraite.

illu_tv-181815

L’heure de la pension sonne chaque jour davantage pour les baby boomers. Les voilà enfin libres, ces sémillants seniors d’aujourd’hui! Le boulot au feu, les dossiers au milieu. Alors heureux? Pas si sûr. Marie Agostini nous montre ces tout jeunes retraités, durant la première année du reste de leur vie. Sans généraliser, on constate que cette génération a beaucoup donné au monde du travail. Elle s’y est investie corps et âme. Elle y a aussi conditionné ses aspirations et son identité. Alors quand le rush s’arrête, quand les défis sont derrière soi, à quoi sert-on? Comment, quand on a passé son existence à se sentir important, peut-on être encore utile loin de ses activités professionnelles? Que faire de ses journées?

Qu’ils soient pensionnés depuis 10 minutes ou 10 mois, l’on sent que le changement de statut social bouleverse profondément les personnes interviewées. Le film se révèle sacrément bien pensé. Et met le projecteur sur un sujet et une catégorie de gens que la télé montre peu. Se centrer sur cette année de transition est une bonne idée, riche en enseignements. On reste frappés par le désarroi de Nicolas, médecin réanimateur, qui a passé 42 ans le téléphone en poche, rappelable à tout instant et qui, aujourd’hui, reste désorienté face au silence le la machine. Roger, cameraman durant 54 ans. se sent à l’arrêt dans un monde qui bouge. Et ceux qui nourrissaient de grands projets et se retrouvent à quai. Heureusement quelques-uns, plus loin dans leur parcours, commencent à retrouver leurs marques. Si l’intérêt de l’émission provient évidemment du casting, on en retire aussi des leçons personnelles. Il est temps, dès à présent, de cultiver son jardin et d’imaginer la vie d’après. Pour ne pas se trouver dépourvus, lorsque la quille sera venue.

Sur le même sujet
Plus d'actualité