L’esclavage dénoncé par la RTBF et Arte

La série Les routes de l'esclavage retrace une indécrottable partie de l'histoire humaine.

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Les images insoutenables d’hommes et de femmes retenus captifs qui nous parviennent de Lybie le rappellent tous les jours: l’esclavage ne se limite pas aux champs de coton au sud des États-Unis. Loin de là. L’asservissement d’autrui a toujours fait partie de l’histoire humaine, partout sur le globe. Il n’est pas réservé non plus à une couleur de peau ou une culture. En Europe, le mot esclave trouve d’ailleurs sa source dans le terme Slave, un peuple considéré par ses voisins européens comme celui sur lequel ils pouvaient avoir tous les droits à une époque. C’est l’une des premières informations que l’on apprend en empruntant Les routes de l’esclavage, série documentaire en quatre étapes coproduite par Arte et la RTBF. Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant, ses réalisateurs, retracent le développement de la traite humaine du 7e au 19e siècle. Balisée par les commentaires d’universitaires émérites, elle étend le spectre aux causes économiques et géopolitiques qui ont mené son expansion, des marchés d’une Rome en ruine à une industrie triangulaire et mondialisée avant l’heure. Car de tout temps, l’esclavage est né d’un besoin mercantile, et a servi de force motrice aux plus grands empires qui se sont bâtis sur des cadavres. Mais pas seulement. Marchandise comme une autre, soumise aux courbes d’offres et demandes ou aux fluctuations de la conjoncture, l’homme se réduit aussi à l’état d’accessoire de luxe qu’on exhibe comme un bolide ou un sac à main de marque. L’esclavage est aussi domestique. Contées par les voix de Mathieu Almaric, Jérémie Rénier et Gaëm Fauye notamment, les routes sinueuses de l’esclavage étendent avec brio le spectre et déconstruisent les mythes d’une tragédie humaine. Un seul bémol: quelle idée de programmer une série aussi utile en deuxième partie de soirée.

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