La voix aux vulnérables

Placés sous tutelle, ils contestent cette mesure de protection extrêmement violente.

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Maladie, handicap, vieillesse. Un juge peut décider à tout moment de mettre quelqu’un sous tutelle ou curatelle pour le/la protéger. Cette mesure judiciaire permet à un membre de la famille ou à un tiers de gérer la vie d’une personne en difficulté. Ces décisions, souvent nécessaires, ne sont pas toujours justifiées ni bien vécues. “Parfois c’est extrêmement violent, car les gens le vivent comme une dépossession de leurs biens, à juste titre” admet Anne Caron-Déglise, juge des tutelles à la cour d’appel de Versailles. Nathalie, Gilbert et Gilles font l’objet d’une mesure de protection judiciaire qu’ils contestent. La réalisatrice, Marine Carrère d’Encausse, raconte leur combat pour retrouver leur indépendance et leur liberté.

Ne pas être dans la norme ne signifie pas qu’on soit dément; et on utilise cette chose – tutelle, curatelle – pour soumettre les gens à une norme qui n’est pas la leur” confie Nathalie. Cette artiste peintre de 58 ans considère qu’elle a été injustement mise sous tutelle. Elle s’épuise à se faire entendre avec le soutien d’une association spécialisée dans les abus tutélaires. Gilbert, lui, dénonce un système infantilisant envers les personnes âgées. Cet ancien chef d’entreprise de 83 ans, mis sous curatelle renforcée à cause d’un important surendettement, veut faire appel de cette décision. Pour Gilles, un autre octogénaire, c’est tout son équilibre familial qui bascule. S’il est parfaitement en forme, sa femme Annie est atteinte d’une maladie de type Alzheimer. Pour veiller à ses intérêts, la juge des tutelles le met sous sauvegarde de justice et nomme un mandataire extérieur. Rapidement, il se verra contraint de vendre sa maison et de placer Annie en institut médicalisé. Sous tutelle donne la parole à ceux qui, dépossédés de tout, gardent leur précieuse liberté de penser.

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