Les migrants: périple et intégration

Intégration Inch'Allah et J'aime plus la mer, deux films, deux antidotes aux clichés anti-migrants.

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Les docus de ce soir condensent ce qu’il y a de beau et d’utile dans le cinéma documentaire: la vision du réalisateur, le questionnement durant le tournage, le refus de la facilité, le respect des personnes filmées. et l’humanité. Le premier, Intégration Inch’Allah de Pablo Munoz Gomez, suit l’“inburgering”, le parcours d’intégration obligatoire des primo-arrivants à Anvers. On s’attendait (comme le réalisateur d’ailleurs), à découvrir une sorte de camp de néerlandais à la sauce NVA, visant à assimiler l’autre par la force. Durant les 7 semaines de cursus, l’on suit Ahmed Ben Said, professeur d’orientation au centre Atlas et l’on revoit nos idées préconçues.

Les nouveaux venus syriens, irakiens ou marocains reçoivent des leçons de citoyenneté en arabe, des éléments d’histoire et de géo belge, puis, on n’y coupera pas, un training de flamand. Le prof s’investit mais met la pression à chaque étape. Les élèves, captés avec humour et tendresse, sont bousculés mais aussi rassurés d’être pris en charge et, d’une certaine façon, accueillis. Un remue-conscience prélude à la claque qu’est J’aime plus la mer d’Idriss Gabel. Ici, le méchant réfugié voleur d’emplois et violeur de femmes, c’est la minuscule Lisa, 11 ans, arrivée d’Afghanistan après que son papa a mystérieusement disparu. C’est Aïsha, petite Irakienne qui a manqué de se faire enlever par Daesh à la sortie de son école. C’est Yalda, 9 ans, qui a quitté l’Afghanistan en pleine nuit, parce qu’on avait cassé le dos de son père. Ils ont traversé les montagnes, la mer, affronté les passeurs, connu l’errance, l’exil, le déracinement, la résilience. Ils ont cru les adultes, qui disaient qu’en Europe leur vie serait meilleure. Ce sont les mômes du centre d’accueil de la Croix-Rouge Le relais du monde, à Natoye. Pourrez-vous soutenir leur regard?

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