MC Solaar intime sur scène

Ce 26 février, le public du Biéreau savourait chaque instant de l’enregistrement de D6bels on stage.

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Il est là, tout cool, casquette en tête et verbe en verve. Il se marre avec les veinards qui ont eu des places pour ce show sold-out plus vite que son ombre. Il raconte. Il est homme d’aujourd’hui, si proche qu’on se demande si cela a encore du sens de le voir à Forest ce 18 novembre. Solaar n’est pas un fossile. À notre air du temps, il a livré “Géopoétique”, un album dense et fort qui a rompu dix ans de retraite et de silence. Sonotone, Ksassaute, les nouveaux titres convainquent et on n’en est pas franchement surpris, Claude n’a jamais failli. C’est pas rien. Ce chanteur, là, sur scène, c’est l’Apollinaire du rap, le pionnier, celui qui début nineties a fait de ces litanies rageuses de la rue un genre fréquentable et montré que l’on peut scander le quotidien en enchaînant les figures de style et citant l’oulipo. Un monument. Mais pas une statue.

Ce soir, à le voir au plus près, capté par une caméra intime, l’on réalise que son art, son flow ont résisté au temps sans virer au procédé. Il est reconnaissable entre mille, sans pour autant se plagier. Solaar n’écrit pas du Solaar d’hier, mais fredonne des chansons de now. Le mix des anciennes et des modernes fonctionne. Tu kiffes, même si tu connais pas Qui sème le vent récolte le tempo, même si t’as pas vibré sur Prose combat. Les millenials adorent, adhèrent, valident. C’est sans aucun doute ce que l’on retiendra de ce numéro de D6bels on stage, plus calme, certes, que les éditions consacrées à Roméo Elvis ou Orelsan, mais autrement savoureux qu’une énième madeleine.

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