Christine Angot, sorcière du PAF?

Les invités de cette édition? Qu’importe. ONPC se résume de plus en plus à l’attente du dérapage de celle qui fait passer Yann Moix pour un bouddha.

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Face à Christine Angot, n’est-on pas en train d’intenter un procès en sorcellerie? Burn the witch! Faut-il y voir une nouvelle preuve de l’intolérance face aux femmes cash, les “hystériques” freudiennes à remettre au pas? En s’agaçant de ses éclats, n’est-on pas en train de reproduire ce schéma qui nous fait mal juger les mère-tape-dur? Une polémiste a-t-elle tort de formuler un avis (tranché) sur une chanson ou un chapitre de roman? Ça semble plutôt correspondre à sa job-description! Laurent Ruquier, monsieur loyal planqué derrière son sourire, ne nous aide pas. Le talk-showman laisse-t-il sa collaboratrice déraper droit dans le mur. Ruquier tremble-t-il face à la virago? Ou veut-il la mettre à distance pour garder sa place, lui qui rempile pour la saison suivante mais ne dit rien du sort de sa chroniqueuse impopulaire (qui a confessé ne pas être sûre d’avoir envie de persister)?

On aimerait l’absoudre, sœur Christine. Pourtant. Pourtant, en la voyant s’acharner sur Sandrine Rousseau, victime de harcèlement, on entend les neveux de Tatie Danièle dire: “Je crois qu’elle est méchante”. Relisez-les, ses interventions ne semblent pas si terribles. Ce qui choque, ce qui frappe, c’est sa véhémence, le non-verbal glaçant, le mépris que diffuse l’auteure face aux artistes qui ne rentrent pas dans ses grâces. Comme dans ses livres, Christine Angot voit le monde à travers l’ego de Christine Angot. Un bon écrivain (pas comme Cali) doit partager sa conception du style. Un bon humoriste (pas comme Jérémy Ferrari) aborder les sujets qui la touchent. Un bon chanteur (pas comme Gauvain Sers) fredonner dans le ton qui lui convient. Être artiste est ”forcément” un plan B… pour Christine Angot (et pas nécessairement pour Grand Corps Malade). Ego trip, égotisme, égomanie, angophobie. Et nous, devant l’écran le samedi soir, sentons grandir le malaise: faut-il succomber au plaisir du clash ou supplier d’arrêter le massacre?

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