La couleur de peau, pièce d’identité

Auteur de BD, Jung réalise un bien joli film sur sa vie d’enfant adopté.

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Son nom, c’est Jung, comme le célèbre psychanalyste. Mais lui est un auteur de BD belgo-coréen qui a traduit dans des phylactères d’une originalité et d’un humour parfois très corrosif son quotidien d’enfant adopté, qui ne fut pas toujours un long fleuve tranquille. Jung, en effet, fait partie d’une grande famille: celle des 250.000 enfants que la fin de la guerre de Corée a jetés un peu partout dans le monde. Et qui ont dû “faire avec”, comme on dit. De sa vie, Jung a donc fait une BD, Couleur de peau: Miel, pour exorciser ses peurs. Et de sa BD, un film, histoire de retisser le lien avec ses origines. Puisant dans toutes les techniques animées (2D, 3D, images de films de famille en Super-8), Jung et son co-réalisateur Laurent Boileau mettent en exergue le caractère morcelé de cet itinéraire pas gâté d’enfant adopté. Le récit balaie avec une grande franchise ses premiers pas dans une famille belge en 1971, à l’âge de six ans, les rapports houleux avec une mère distante, la découverte de la sexualité, l’adolescence compliquée… Si le film a perdu en cours de route une bonne part du mordant du roman graphique, il passionne, posant des questions essentielles et universelles sur la place dans la famille, l’identité, l’amour. Sans jamais se départir de cet humour unique qui semble soulever des montagnes.

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