Kadhafi, bouc émissaire de l’Occident

France 5 réhabilite le colonel Kadhafi dans une enquête édifiante sur la manipulation occidentale.

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Le réalisateur Jacques Charmelot a le sens du timing. Alors que le fantôme de Kadhafi est revenu hanter l’ancien président français Nicolas Sarkozy, qui aurait profité d’un gros chèque de la part du leader suprême pour financer sa campagne présidentielle en 2007, Charmelot charge l’Occident dans le conflit libyen.

Tout démarre en 2011, lorsque le Printemps arabe fait souffler sur l’Afrique du Nord un vent de révolte populaire à l’égard des pouvoirs dictatoriaux qui y règnent en maîtres. Enclavée entre la Tunisie et l’Égypte, qui destituent respectivement Ben Ali et Moubarak, la Libye se prend de plein fouet les aspirations démocratiques qui entourent la région. Benghazi, deuxième ville du pays, est rapidement aux mains des rebelles. C’est là que Kadhafi va, selon le documentaire, commettre une erreur fatale en promettant de reprendre le contrôle “rue par rue, maison par maison, en détruisant les rats qui s’y trouvent”. L’agressivité du colonel offre une brèche aux Occidentaux qui s’y engouffrent avec fracas. La France, menée par Sarkozy, entame les bombardements. Elle est rapidement relayée par des États-Unis qui n’ont jamais sorti Kadhafi de leur collimateur.

S’il n’était certainement pas un enfant de chœur, Kadhafi s’est vu diaboliser par un Occident qui a sauté sur le Printemps arabe pour asseoir sa prise de contrôle du monde arabo-musulman. En attendant, depuis sept ans, la Libye fait office de tombeau et de chemin de traverse pour les milliers de migrants qui veulent rejoindre l’Europe. Ce qui fait dire à l’ancien ambassadeur français à Tripoli que “dans les domaines du terrorisme et des migrations irrégulières, la situation est infiniment pire qu’elle ne l’était avant 2011”.

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