Entre la Terre et Mars

Chelsom utilise l’alibi martien pour offrir une romance interplanétaire craquante entre deux ados

monde_be_tv

Né sur Mars, Gardner ne connaît de la Terre que Tulsa, une lycéenne avec laquelle il a fait connaissance en ligne. À 16 ans, il rejoint pour la première fois la Planète Bleue, avec une obsession: retrouver son père inconnu et Tulsa. Problème: personne n’est capable de dire si Gardner pourra survivre longtemps sur Terre. Le récit commence telle une histoire de science-fiction, s’ouvrant sur le discours solennel du chef de l’expédition de colonisation. Mais le réalisateur Peter Chelsom n’a pas grand-chose à faire de la crédibilité, bien qu’il s’appuie sur la réalité lorsqu’il évoque le danger que constitue l’attraction terrestre pour la vie de l’enfant de Mars. Les problèmes de santé du garçon n’ont cependant qu’un but: servir une relation amoureuse impossible lorgnant vers les Étoiles contraires.

Et peu nous importe au fond que Gardner provienne de Mars (il aurait pu revenir d’un long séjour dans une station thermale en Suisse). Ce qui compte aux yeux du cinéaste, c’est montrer comment l’on se sent dans la peau d’un jeune de 16 ans qui découvre pour la première fois l’amour, qui sent disparaître l’enfant en lui ou se troubler tout d’un coup son rapport au monde. Et le film, allégorie du monde de l’adolescence, y réussit pleinement. Jouant presque à satiété sur l’image du Martien perdu qui ne comprend rien à ce qui se passe sur Terre, et sur les clins d’œil appuyés à E.T. Le plus beau dans tout cela? Les moments de grâce nés des échanges d’une tendresse et d’une vérité confondante entre Gardner (Asa Butterfield, attachant comme pas possible) et Tulsa. Un monde entre nous est une belle romance interplanétaire qu’il ne faut pas rater. Il vous suffit pour cela d’aller prendre par la main l’adolescent qui sommeille en vous.

Sur le même sujet
Plus d'actualité