Bruxelles, un mélange de couleurs

Après Dubaï, notre capitale est la ville la plus métissée du monde! Bruxelles Le grand mix arpente ses rues et ses gens.

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Tout démarre d’une photo de classe de 1968 à Etterbeek. Que des petits garçons sages – et blancs. Parmi eux, le journaliste et réalisateur Philippe Cornet. Ce cliché retrouvé par hasard est le déclencheur… “Je me suis dit, c’est incroyable, la ville n’a plus rien à voir avec ça!” Démarre alors une virée en tram, en train, dans les embouteillages, à travers l’histoire non pas de la ville mais d’un homme dans sa ville. “Ce que je voulais, c’était donner une impression, un parfum global de ces 50 dernières années. J’assume le côté nostalgique. On m’a dit que c’était un feel good movie. Ce n’était pas le but. Je voulais montrer la mixité, en étant réaliste mais, aussi, en tirant vers le bon côté. La critique est présente, mais ce n’est pas une analyse politique.”

La DeLorean avance au fil des rencontres. Il y a le copain chilien de l’ULB qui confie combien il a été bien accueilli en Belgique à l’époque… et combien ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a Marie Daulne, de Zap Mama, qui frémit au souvenir de son premier jour d’école, seule black de la classe. “Ça se passait dans les années 70, commente l’auteur. Et c’est impensable aujourd’hui. Ça montre combien on a évolué!” Il y a Daddy K, qui scandalisait les vieux du quartier avec ses potes du hip-hop. Il y a Dick Annegarn, qui raconte l’entre soi de l’école européenne. Il y a le Plan K et les chorégraphes américains, un galeriste sur un toit, une réfugiée d’Azerbaïdjan à qui l’on a refusé trois fois l’asile, un chanteur portugais, une future médecin danoise…

Il y a la foire du Midi, des architectures belles et laides, des concerts cool, des échauffourées que l’on qualifie vite d’émeutes. ”J’aime Bruxelles, oui… mais. J’ai beaucoup de frustration par rapport à ce qu’elle est devenue. Pas au niveau de la population mais dans la façon dont elle n’a pas été réfléchie. C’est un lieu complexe, riche et contradictoire.” Ce film poétique, informatif et émouvant, nous ramène à l’essentiel… Nous sommes tous des zinneke.

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