Vincent Callebaut, invité des Sentinelles

Caroline Veyt reçoit l'architecte belge qui fait rêver d'un futur en vert.

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Respirons notre dose d’intelligence, d’innovation et d’enthousiasme mensuelle. Dans le divan rouge, un quadra un peu vite qualifié d’utopiste va, durant une heure 20, nous faire rêver à l’avenir. Un avenir dans les villes. Oubliées, les pluies sombres à la Blade Runner et les mégalopoles asphyxiées du cyber punk. Vincent Callebaut imagine, pour Paris 2050 ou la reconstruction de Mossoul, des cités tirées de Schuiten, où les gratte-ciel tout en courbes sont des fermes urbaines autosuffisantes et sans déchets, où les habitants s’approprient leur environnement et où les quartiers sont des écosystèmes façon forêt amazonienne. Portnawak? Pas si sûr.
Au fil de l’entretien, mené comme toujours de main de maître par Caroline Veyt dans ce nouveau numéro des Sentinelles, on réalise que cela démarre et que c’est possible, de construire des bâtiments en “architecture optimiste” pour sortir des “boîtes à chaussures” rectangulaires que les promoteurs et la crise ont imposés comme norme. Même, on a envie d’y vivre, dans ces ruches calmes, à côtoyer des arbres et des champs, en paix, aussi bien avec la nature qu’avec la technologie. Vincent Callebaut invente des concepts. et des mots aussi. C’est sans doute son seul défaut, cette novlangue, qui confine parfois au néologisme pour le néologisme. Qu’importe. À l’opposé de Le Corbusier, Vincent Callebaut conçoit ses structures intégrées dans les œuvres existantes. Pas question de faire table rase du passé! Il s’agit de le moderniser, comme cette rue de Rivoli réinventée, sur laquelle a poussé un bâtiment végétal. On termine sur un seul regret, celui que nul ne soit prophète en son pays et que, chez nous, aucun de ses projets ne résonne. On aimerait pourtant bien voir pousser ses idées folles sur notre capitale. et donner un autre sens à la “bruxellisation”.

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