La légende du roi Arthur version paf, boum, bzzzz

Dans Le Roi Arthur: la légende d’Excalibur, Guy Ritchie massacre la légende pour un divertissement bordélique et proprement jubilatoire.

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Il est des cinéastes qui adaptent leur style à l’histoire qu’ils racontent, puis ceux qui font entrer, au forceps s’il le faut, le récit dans leur monde. Le bouillonnant Guy Ritchie – idole des ados forgés à l’image-clip – appartient à cette seconde catégorie, pas franchement du genre à transpirer d’un respect compassé face à une grande œuvre originale. L’animal a déjà fait suer dans sa tombe le pauvre Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes, en entraînant le plus célèbre des détectives du monde (avec Poirot) dans le blockbuster survitaminé et épileptique. Et pourtant, en y regardant de plus près, le réalisateur anglais, sous ses airs de franc-tireur, a certes relooké à la sauce d’aujourd’hui le bon Sherlock, mais lui a également offert un vivifiant retour aux sources, renouant avec l’esprit feuilletonesque de ses enquêtes.
C’est le même genre de relecture post-moderne que Ritchie réserve au roi Arthur dans cette adaptation à des années-lumière de celle de Disney. Loin du défenseur de la veuve et l’orphelin, Arthur est une fripouille façon gros bras issue d’une cité crasseuse, dont la découverte de l’épée Excalibur va changer la destinée. Richie ne comprend rien à la foisonnante légende arthurienne et s’en moque comme de sa dernière chemise. C’est l’occasion pour lui de plonger jusqu’au cou dans de l’heroic fantasy décomplexée et délirante (Arthur va même affronter… des rats mutants!). Imposant petit à petit une autre légende: celle d’un réalisateur qui use du cinéma, comme dirait Welles, à la façon d’un formidable train électrique propre à n’amuser que lui-même. Et de fait, ce film se regarde comme le grand rêve d’un sale gamin égoïste et jouisseur. Les historiens vont s’arracher les cheveux. Les ados vont adorer!
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