Dans la tête des SS

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les SS ont commis les pires atrocités. Quelles sont les raisons qui les ont poussés à s'engager, et à suivre aveuglément les ordres? Serge de Sampigny est allé poser la question à une vingtaine de survivants. Club RTL a diffusé cette semaine un documentaire inédit sur ces soldats de l'horreur, que vous pouvez revoir sur RTL Play.

ss_belgaimage-131113563-full

La SS, créée en 1925 par Hitler, a semé la terreur en Europe. Ceux qui se considéraient comme l’élite du peuple allemand s’étaient tous engagés volontairement dans la Schutzstaffel, un escadron de protection devenu arme de destruction massive. Convaincus des bienfaits du national-socialisme, ils ont juré fidélité au Führer et adhéré à l’idéologie nazie, de la domination de la race allemande à l’extermination des juifs. Dirigés par Himmler, les SS remplissaient différentes fonctions dans l’Europe occupée: policiers, gardiens des camps de concentration ou encore soldats dans la Waffen-SS, la branche militaire de l’organisation.

Identifiables au double «s» sur leur col, à la tête de mort sur leur casquette et à la couleur noire de leur uniforme confectionné par Hugo Boss (également à l’origine de l’uniforme des Jeunesses hitlériennes), on pouvait en compter jusqu’à 800.000 en 1944, dispersés dans toute l’Europe.

L’objectif de Serge de Sampigny, le réalisateur du documentaire, n’était ni de les accuser ni de les excuser, mais bien d’entendre ce que ces anciens SS ont à dire et par extrapolation, essayer d’identifier les ressorts du fanatisme d’hier comme aujourd’hui. «Ce sont des êtres humains, ils ont été de magnifiques bébés dans leurs berceaux comme nous tous. Qu’est-ce qui a bien pu pousser ces très jeunes hommes, à l’époque, à basculer dans une organisation comme celle-là?» s’interroge Serge de Sampigny.

Lorsqu’il a parcouru l’Europe à la recherche de ces anciens soldats pour les interviewer, il a fait face à des vieillards qui parfois regrettaient leurs actes. Mais la majorité d’entre eux étaient et restent convaincus d’avoir agi pour le bien de la nation: «J’ai commencé à réaliser ces interviews en 2011 et, pour beaucoup, leur sort n’est pas encore réglé. À plus de 90 ans, la plupart assume leur engagement qui, je le rappelle, était purement volontaire».

Le réalisateur n’en est pas à son premier documentaire sur la Seconde Guerre mondiale. Il a un intérêt tout particulier pour cette période de l’histoire qui a marqué le 20e siècle. La France, la Belgique et les autres pays touchés par ce conflit – comme l’Allemagne d’ailleurs, ont subi une humiliation énorme, et subissent encore ce traumatisme à l’heure actuelle.

Composé d’entretiens avec ces anciens nazis, Dans la tête des SS est pour nous l’occasion d’essayer de comprendre ce qui a poussé des hommes à commettre – et assumer encore, 75 ans plus tard – des actes inhumains.

Plus d'actualité