Scorcese en état de grâce avec Silence

Dans la filmo déjà si impressionnante de Scorsese, ce Silence est d’or.

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“On pourrait vouer son existence à faire découvrir un film aussi terriblement beau, aussi terriblement juste, sur l’horreur intolérable du réel, écrasant la pauvre créature humaine, broyant le corps souffrant, avant que l’impensable de l’idée émancipatrice ne soit enfin pensé et promulgué, comme une injure au possible. Soyez à votre tour détruit par ce film. Car de cela naîtra forcément quelque chose de nouveau. De nouveau et d’entier.”.

Cette façon superbe qu’a Mathieu Macheret d’évoquer le film L’intendant Sansho de Mizoguchi pourrait tout semblablement s’appliquer au sublime Silence de Scorsese. Contant la quête de deux prêtres portugais à la recherche de leur mentor disparu dans un Japon féodal où l’on traque jusqu’à la mort les convertis au christianisme, Scorsese convoque à la fois les grands maîtres du cinéma japonais avec ses cadres somptueux et posés, et le mystique Aguirre, la colère de dieu dans ses soudains accès à la violence. Et il parvient à donner à voir l’impensable en images: la foi et le doute provoqué par l’absence de dieu. Deux sentiments qui animent ce grand petit homme de Little Italy qui a trouvé pour refuge à son âme tourmentée le 7e art. Grand, très grand film.

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