Il est fou ce Gaulois!

Antoine de Caunes, curieux, facétieux et égrillard, commence un tour de France délirant qui ressemble à tout, sauf à une série documentaire. Et pourtant...

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Oubliez Des racines et des ailes et toutes les émissions patrimoniales qui montrent des régions françaises magnifiques en suivant toujours le même chemin académique. La Gaule d’Antoine (il rit beaucoup de son jeu de mots), diffusé sur Be tv et accessible sur Be à la demande, vous projette dans des univers parallèles baroques qui coexistent avec les monuments classés et les spots touristiques. Premier épisode: la Nouvelle-Aquitaine. En gros, le Bordelais, le Béarn, le Pays basque et l’ancienne région Poitou-Charlente. Un beau morceau de territoire au sud-ouest de la France, qui sent bon les cochonailles, le foie gras et le vin de toutes les couleurs.

De Caunes ne va rien oublier, des grottes de Lascaux au béret basque, des ostréiculteurs du Cap-Ferret au rugby. Mais quand il commence par le Médoc, c’est pour parler du marathon qui tous les ans en septembre fait courir des milliers de participants à travers les vignobles de Pauillac ou Saint-Estèphe, et leur propose au passage 23 arrêts-dégustations. Et il s’intéresse évidemment moins aux athlètes qui terminent le parcours en moins de 2h30 qu’à ceux qui arrivent déguisés, finissent ivres morts et évacuent le trop-plein au pied des vignes.

Puis il part découvrir une start-up bordelaise qui monte pour des spectacles des chorégraphies de drones, il fait le clown avec des humoristes spécialisés dans les vidéo-montages de politiques, écoute La Femme dans une boîte à Biarritz et et se déchaîne avec Cluzo, un duo de fermiers métalleux de Mont-de-Marsan, hache du bois avec Jean Lassalle, ex-candidat à la présidence, et supporte vaillamment la séance de taxidermie d’une artiste mannequin qui pratique le happening provoc. Entre autres.

Bref, comme toujours, il déconne. Potache comme à 20 ans, peut-être même plus, mais sans jamais se moquer, sinon de lui-même. Rien n’est sérieux et pourtant il donne de la région des images modernes et irrésistiblement joyeuses, partageant le bout de gras – au sens propre parfois – avec des tondeurs de moutons (le prochain championnat du monde aura lieu en France!), un cowboy, des surfeurs et même un curé. Et eux se mettent en scène avec lui, trop ravis de jouer le jeu.

Bien sûr ça part dans tous les sens, toutes les occasions sont bonnes pour placer une allusion salace, et on ressort de ce melting pot sans avoir vu tous les plus beaux châteaux. Mais on a croisé Aliénor d’Aquitaine et quelques-uns de ses héritiers, on s’est mis la tête en vacances et on a retrouvé avec bonheur ce bogosse de 64 ans, qui sait s’amuser comme personne. Vivement le prochain numéro.

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