François Vincetelli joue les bisexuels polyamoureux

J’ai deux amours tente de faire une place aux amants partageurs dans une société très classique.

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Voilà dix ans que les Français guettent le souffle de modernité que leur avait procuré la série Clara Sheller. La chronique sentimentale d’un trio de trente-naires s’évoque encore avec la nostalgie d’un espoir déçu, tant la fiction française n’a pas su rebondir. En 2008, François Vincentelli reprenait le rôle de Gilles, héros bisexuel, d’abord incarné par Thierry Neuvic. Dix ans plus tard, revoici le Belge dans la peau d’un personnage  aux problématiques similaires. Vincentelli interprète Hector, médecin urgentiste, en couple avec Jérémie (Olivier Barthélémy). Ensemble, ils ont le projet de la coparentalité avec leur amie lesbienne Anna (Camille Chamoux). Mais Hector revoit par hasard Louise (Julia Faure), son premier amour. Commence alors pour le héros une double vie sentimentale…

La filiation entre la série de Nicolas Mercier et J’ai deux amours est indéniable. Mais si la première avait la puissance de la nouveauté, la minisérie d’Arte, coécrite par Olivier Joyard (journaliste aux Inrocks) et Jérôme Larcher (Baisers cachés), apparaît attendue et convenue. Pourtant, polyamour, bisexualité, couple, PMA (procréation médicalement assistée) et coparentalité restent des thématiques très actuelles. Et Joyard dit avoir imaginé ce récit dès 2010, bien avant “le mariage pour tous”. Ce qui prouve une nouvelle fois l’attentisme des chaînes françaises. Dommage que le réalisateur Clément  Michel (La stratégie de la poussette) peine à produire de l’émotion dans ce vaudeville moderne intimiste au ton plutôt grave. On retient néanmoins les prestations de Camille Chamoux, encore trop rare, et d’Olivier Barthélémy. Et on continue à (sur)estimer Clara Sheller.

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