The Push, l’expérience qui pousse au meurtre

« Peut-on utiliser la pression sociale pour manipuler quelqu’un et le pousser à commettre un meurtre ? » C’est la question que pose The Push, une expérience perturbante diffusée sur Netflix.

The Push ©Prod

Aux commandes de The Push, le mentaliste Derren Brown. Il avait fait scandale en Grande-Bretagne en 2003 avec le programme télévisé Russian Roulette, où un inconnu était chargé de placer une balle dans le barillet d’un revolver. Brown prenait ensuite le revolver et le pointait sur lui-même.  

Cette fois-ci, le Britannique débute par « un premier exemple de conformité sociale ». Greg, employé dans un café reçoit l’appel d’un homme se présentant comme un inspecteur de police. Il l’informe qu’une femme présente dans le même café est une ravisseuse, connue des services. Que le bébé qui est dans la poussette tout près d’elle n’est pas son bébé et qu’il doit l’aider à éloigner la poussette. Greg accepte. Il suit toutes les directives de l’inspecteur. Après avoir simulé un appel sur la ligne fixe pour la femme, il va jusqu’à prendre la poussette et sortir de la boutique. Il répète que cette situation est très « étrange », que ça ne lui « plaît pas du tout », mais il continue à suivre les consignes. Il vient d’enlever un bébé. Sauf que l’homme au téléphone n’est pas un inspecteur de police mais un acteur, la femme dans le café également. Et le bébé n’est qu’une poupée. Seul Greg l’employé piégé n’est au courant de rien.

« C’est étonnamment simple de faire semblant d’être une figure d’autorité, comme un policier et de convaincre un étranger de se comporter de façon absurde. L’évolution nous a appris qu’être en groupe nous protège. Mais il faut être conscient des dangers, surtout à l’époque actuelle », ponctue le mentaliste.

Une manipulation progressive

Si on peut inciter un inconnu à voler une poussette, peut-on le forcer à pousser une personne dans le vide ? Brown réunit une équipe de professionnels, une troupe d’acteurs, un lieu spectaculaire et surtout une histoire qui tient la route (le lancement d’une association caritative appelée « Push »). Une soirée avec vente aux enchères qui réunit des vedettes et des mécènes. L’événement est crédibilisé grâce à des messages de soutien laissés par David Tennant (Broadchurch), Robbie Williams, Matt Lucas (Little Britain), Aflie Boe (la comédie musicale Les Misérables), Martin Freeman (The Office, Sherleock), etc.

Après un casting, la sélection de finalistes et plusieurs tests de conformité sociale, Chris Kingston, 29 ans, est choisi et sera filmé sans le savoir par cinquante caméras. Venu dans l’émission pour se faire des contacts, Chris accepte la première demande du faux directeur de l’association de mettre des drapeaux végétariens sur des canapés à la viande. En faisant partie de ce petit mensonge, il vient de mettre le doigt dans l’engrenage. Tout ça ne fera que monter crescendo jusqu’à la scène finale.

Apprendre à dire non

Chris n’est pas le seul à avoir été piégé. Trois autres personnes ont aussi participé. Et tout le monde n’est finalement pas passé à l’acte. Mais ils ont tous été fortement choqués par cette expérience plus que dérangeante. A-t-on le droit de manipuler de la sorte les gens ? D’un autre côté, peut-on obtenir un résultat similaire si on ne le fait pas ? The Push n’a rien de scientifique et il ne faut surtout pas le prendre comme tel. Que l’on soit d’accord ou non avec la démarche (qui certes est terrible pour le candidat), ce programme interroge notre tendance à être influencés dans certaines situations. Car la question ici, c’est de réussir à être plus fort que la pression sociale. Apprendre à dire non lorsque c’est contraire à nos valeurs ou à la morale. Pour cela, il faut comprendre les mécanismes de la manipulation. Et cette expérience nous aide à le faire.

The Push. Avec Derren Brown. Réalisé par Iain Sharkey, Stephen Long et Derren Brown. Disponible sur Netflix. 

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