Sophie Maréchal, l’audacieuse guéparde

Des plateaux de théâtre à La trêve en passant par Les Survivants, la jeune actrice belge multiplie les apparitions. Aujourd’hui, elle tient le premier rôle de Guépardes, une série courte emplie de cynisme, dans laquelle elle interprète un personnage inspiré du réel, hostile et sensible à la fois.

Sophie Maréchal dans Guépardes ©Samuel Charles

Tout lui prédestinait à devenir artiste. Née d’un père musicien et d’une mère comédienne, la jeune fille se met tôt au solfège, puis au violon avant d’y ajouter les danses latines. Ses performances chorégraphiques l’amènent jusqu’à un niveau de compétition élevé. Vers quatorze ans, elle découvre le théâtre et le cinéma en accompagnant une copine de classe à un casting. « Le réalisateur a insisté pour que je le passe aussi, et j’ai été prise. » D’un court-métrage à un autre, Sophie se voit offrir quelques petits rôles sympathiques. Elle prend finalement la route pour Paris et tente sa chance au cours Florent. « J’ai détesté », lance Sophie. Au bout de trois mois, elle quitte l’école puis revient à Bruxelles pour commencer une formation en art dramatique à l’INSAS. A côté, elle joue dans quelques courts-métrages. En 2016, tandis qu’elle entame sa dernière année d’études, elle se retrouve propulsée dans le long-métrage Les Survivants de Luc Jabon. Quelques mois plus tard, elle enchaîne avec le tournage de La Trêve dans le rôle de Zoé Fischer. Aujourd’hui, elle se retrouve à l’affiche de Guépardes, une série de 180 épisodes de cinq minutes chacun réalisée par produite par Yann Barthès et diffusée sur TF1 Séries Films.

Vous êtes aujourd’hui à l’affiche de Guépardes. Êtes-vous devenue accro aux séries ?

Sophie Maréchal – Justement, non ! Je n’étais pas du tout dans une phase où je voulais refaire une série. Après la première saison de La Trêve, j’ai joué dans une pièce de théâtre qui a pas mal tourné (Le Verfügbar aux enfers, NDLR). Quand on m’a proposé Guépardes, sur le moment, j’hésitais. J’avais des a priori sur le fait que ce soit une série sur TF1 Séries Films. Mais quand j’ai lu le scénario, j’ai vraiment aimé. Je trouvais qu’il y avait quelque chose d’innovant. Peut-être parce que c’est Yann Barthès qui produit.

Comment se fait-il que vous ayez atterri là-dedans ?

Sophie Maréchal – Mon agent m’a emmenée à Cannes. Elle m’a parlé de Laurent Couraud, le directeur de casting de Guépardes. On a été prendre un café. Il m’avait vu dans La Trêve, ce qui fait que ce rendez-vous qui aurait pu durer quinze minutes s’est prolongé pendant une heure. A la fin, il m’a promis de me rappeler s’il avait quelque chose pour moi. Je me disais que c’était du blabla. Mais deux mois plus tard, il m’a contactée pour un casting. C’était pour une autre série, C’est qui le patron?. Il me donnait le troisième rôle. Sauf que finalement, elle a été annulée car elle visait un animateur télé qui a mis son véto. Les réalisateurs ont malgré tout voulu réécrire le projet, mais à la place de faire une critique cynique de la télé, ils ont fait une critique cynique du monde de la musique. C’est comme que j’ai obtenu le premier rôle pour Guépardes.

Dans Guépardes, vous jouez le rôle de Margaux. Dès les premiers épisodes, on sent, par sa voix-off notamment, qu’elle joue un grand rôle dans l’intrigue. C’est le personnage principal ?

Sophie Maréchal – On est cinq personnages principaux, dont quatre nanas qui doivent gérer des monstres du rap au sein du label de musique Guépardes. Mais c’est vrai que pendant les soixante premiers épisodes – il y en a 180 au total -, c’est elle qui est au centre. On comprend directement que Margaux est la chef des manageuses de cette boîte. On sait qu’elle est partie pendant six mois, mais on ne sait pas pourquoi. Pendant soixante épisodes, l’intrigue tourne autour de la raison de son retour et de ce qu’elle a à nous dire.

Comment définiriez-vous votre personnage ?

Sophie Maréchal – Margaux est inspirée d’une vraie manageuse qui est très connue en France. Elle a géré Nekfeu, Booba ou encore Orelsan. Je l’ai rencontrée, et elle a même aidé à l’écriture. Elle est jeune, la trentaine, très féminine physiquement, mais c’est un bonhomme à l’intérieur. Elle a un tempérament fort. Et la façon dont elle gère ces gens est très impressionnante. Quand t’es manageur, c’est toute ta vie. T’es constamment en train de suivre tes artistes. Moi, j’ai vu ses deux faces. Elle a un côté très autoritaire, en mode « business is business ». Mais à côté, j’ai été boire un verre avec elle et c’est un rayon de soleil.

Chaque fois que j’interprète un rôle, je change de parfum en fonction du personnage.

Comment avez-vous fait pour vous glisser dans sa peau ?

Sophie Maréchal – Je l’ai beaucoup observée, notamment dans sa gestuelle. Elle a un côté très parisien et en même temps parfois un peu caillera dans sa manière de parler. C’est un mélange assez drôle. Sinon, je lui ai par exemple demandé de m’envoyer une playlist de musiques qui la met de bonne humeur le matin. Chaque jour, avant de tourner, je l’écoute. Je lui ai aussi demandé son parfum. C‘est un délire chelou, mais chaque fois que j’interprète un rôle, je change de parfum en fonction du personnage. C’est bête mais je trouve que ça donne des clés sur leurs traits de caractère.

Et votre caractère à vous ?

Sophie Maréchal – On est différentes. Mais quel que soit le rôle qu’on joue, on amène une part de nous dedans. Ce qui me touche chez elle, c’est qu’elle a un côté dur, mais au fond, on ressent sa sensibilité. C’est une amoureuse qui aime ses artistes et qui veut tout donner pour son travail.

Dans quel film rêveriez-vous de tourner ?

Sophie Maréchal – J’ai deux réalisateurs qui m’excitent à fond. Le premier c’est Pedro Almodovar. Et sinon, j’ai pour fantasme de travailler avec Patrice Leconte. Ce qui est fou, c’est qu’il vient de jouer dans Guépardes. Et ce que je n’ai jamais fait pour le coup, c’est une grosse comédie. Cela me tenterait bien !

Souhaiteriez-vous percer en France ?

Sophie Maréchal – Je pense qu’on ne vit plus dans l’ère d’un pays. Ce qui compte, c’est les projets. J’irai n’importe où dans n’importe quel pays si le projet me plaît. J’ai envie de vivre de mon métier complètement, où qu’il soit. D’ailleurs, je pars bientôt en Espagne, pour le premier rôle d’un court-métrage. Je sais que ça va me passionner, surtout que ce sera dans un rythme beaucoup plus lent que la série.

Quelle est, pour vous, la clé de la réussite ?

Sophie Maréchal – Quand t’es dans l’artistique, ce qui fait ton travail, c’est ta détermination. Souvent plus que ton talent. J’ai vu des gens bien plus talentueux que moi qui n’ont pas réussi car ils ont lâché trop vite. On m’a plusieurs fois dit que je ne serais pas comédienne, que je m’étais trompée de vocation. Cela met le doute, mais tu dois t’écouter avant tout. On ne peut pas dire à des jeunes qui se cherchent encore qu’ils n’y arriveront pas. Il y a toujours moyen de progresser. Et pour ma part, tant mieux si cela n’a pas toujours été simple car cela m’a donné une force. J’ai bossé pour prouver que je pouvais y arriver. Finalement, depuis que je suis sortie de l’école, je n’ai pas arrêté de travailler. Pourvu que ça dure.

Sophie Maréchal ©DR

Guépardes. Réalisée par Doria Achour et Sylvain Cattenoy, produite par Bangumi. Actuellement sur TF1 Séries Films à 20h55 du lundi au vendredi et sur YouTube.  

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