La prodigieuse Elena Ferrante

Le mythe Elena Ferrante se dévoile quelque peu dans ce voyage au cœur de ses œuvres.

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Avant d’être un objet de fantasme inassouvi, Elena Ferrante est une écrivaine. Et une grande si l’on en croit les personnes interrogées dans le film. Selon l’écrivain américain Jonathan Franzen, “le plus grand talent d’Elena Ferrante réside dans sa capacité à nous faire voir n’importe quel aspect du quotidien sous un jour nouveau”. Les livres de Ferrante se lisent d’une traite et posséderaient en eux cette molécule qui les rend addictifs aux yeux de millions de lecteurs, parmi lesquels Michelle Obama, Nicole Kidman ou Roberto Saviano, auteur de Gomorra, qui témoigne ici de son amour pour Ferrante.

Le film remet d’abord rapidement dans le contexte ce que représente Elena Ferrante. Car si vous n’êtes jamais entré dans son monde, vous devez savoir qu’Elena Ferrante n’existe pas. Il s’agit d’un pseudonyme utilisé depuis 1992 et le roman L’amour harcelant. Un anonymat que l’auteure (puisqu’il semble plus ou moins acquis qu’il s’agit d’une femme) chérit plus que tout au monde. “Soit je reste Ferrante, soit je ne publie plus” dira-t-elle. Un anonymat malgré tout fragile. Un journaliste italien s’est donné pour mission de la démasquer, allant jusqu’à jeter un œil aux versements de droits d’auteur qu’elle percevrait de son éditeur. Il a pointé le nom de la traductrice Anita Raja comme probable visage derrière le masque, même si son enquête fut considérée par beaucoup comme intrusive. Une affaire dont il ne sera nullement question ici, le film se concentrant principalement sur le style de Ferrante, sur sa passion pour Naples et sur la saga qui lui a fait traverser les frontières, L’amie prodigieuse.

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