BOYHOOD – Avec le temps

“Grandir et vieillir pour de vrai” au cinéma. Linklater a osé, et son film touche au cœur.

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Si avec Dewaere, le cinéma et la vie se confondaient jusqu’à ne plus faire qu’un, il en est quasi de même pour le délicat Boyhood de Richard Linklater. Tout part en effet d’un pari fou: raconter en temps réel le destin d’une famille texane – une mère et ses deux enfants – sur une période de douze ans. Expérience singulière, magique même, que de voir ce petit acteur de 6 ans arriver à 18 au bout de 2 heures 40 d’un film narrant ses premiers émois, le remariage des parents, son amour de la photo, le rapprochement avec son père, puis l’entrée à l’université.

Bien sûr, on reste dans une fiction, avec ses ficelles de fabrication qui muent ces petits riens de l’existence en une histoire un brin artificielle. Reste que l’on admire la constance de Linklater passé maître dans l’exposition du temps qui passe au cinéma (il a réalisé une trilogie sur le même couple qui vieillit). Et le naturel assez inouï des comédiens (avec une mention spéciale pour Patricia Arquette, jouant avec une profonde sincérité des marques des années sur son corps), qui ont dû composer avec des agendas chargés pour former une famille plus vraie que nature. La nôtre à tous, le temps de ce joli film à la mélancolie douce.

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