Minimalism, le guide pour vivre mieux avec moins

Autant prévenir tout de suite. Ce documentaire risque de vous secouer. Surtout si vous avez l’impression que votre vie vous échappe. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il y a une explication et surtout des solutions pour y remédier.  

Minimalism ©Netflix

Ryan Nicodemus a tout ce qu’il veut: salaire annuel à six chiffres, belle voiture, belle maison. Tout le monde autour de lui dit qu’il a du succès. Et malgré tout ça, il n’est pas heureux et ressent un vide dans sa vie. Il tente de le remplir en achetant des objets, beaucoup d’objets. En faisant tous ces achats, il se dit qu’ « un jour, le bonheur finira bien par se pointer ». Mais au lieu de ça, son mode de vie génère totalement l’inverse (stress, anxiété, peur, dépression…). Il vit pour son salaire, pour ses biens matériels, mais il ne vit pas vraiment.

« Vivre plus intentionnellement avec moins »

Grâce à son meilleur ami Joshua Fields Millburn, il découvre le « minimalisme ». Lui aussi avait une vie qui ressemblait à celle de tout le monde, avec beaucoup d’objets qu’il a achetés sans vraiment se poser de questions. Lui aussi ne se sentait pas heureux. Alors il a commencé à se demander si ses objets ajoutaient vraiment de la valeur à sa vie, que ce soit en lui apportant de la joie ou en ayant tout simplement une vraie utilité. Et il s’est séparé de tous ceux qui obtenaient une réponse négative.

En 2011, à 30 ans, les deux amis quittent leurs jobs et publient leur premier livre, Minimalism : Live a Meaningful Life. Grâce à leurs cours d’écriture en ligne et à leurs séances privées de mentorat, ils réussissent à toucher plus de 20 millions de personnes et sont invités dans de nombreux médias (New York Times, Wall Street Journal, Boston Globen Time, ABC, CBS,…). Le documentaire Minimalism : A Documentary About the Important Things les suit pendant leur voyage de dix mois destiné à promouvoir leur livre Everything That Remains sorti en 2014. Leur message : « Vivre plus intentionnellement avec moins ».

Durant tout le film, il n’est jamais question de dicter aux gens ce qu’ils doivent faire. Mais plutôt de leur permettre de prendre conscience du contexte dans lequel ils vivent et de leur montrer quelques exemples. Avec son mari, Tammy Strobel, auteur de You Can Buy Happiness and It’s Cheap, s’est séparée de 90 % de ce qu’elle possédait, pour vivre dans une tiny-house. Avant ça, elle faisait deux heures de route par jour et travaillait entre 10 et 12 heures dans un bureau. Pour Jay Austin, designer et propriétaire d’une de ces minuscules habitations, c’est la solution pour « passer d’un travail au centre de notre vie à une vie plaisante avec un peu de travail »

On vit en fonction de l’espace que l’on a au lieu de créer un espace qui correspond à notre vie.

Des solutions sont également évoquées pour ceux qui ne sont pas prêts à vivre dans 10 m², comme celle de l’entreprise LifeEdited qui propose d’agencer différemment les appartements. Le CEO Graham Hill mentionne le tout premier appartement new-yorkais sur lequel il a travaillé. Un projet de maison pour un couple, qui permet de recevoir à manger entre 10 et 12 personnes, offre une chambre d’amis, et dispose d’un bureau. Tout ça dans 40 mètres carrés. On imagine assez bien l’intérêt environnemental d’un tel logement. Mais moins d’espace, c’est aussi « moins de choses à penser et moins de dépenses », comme l’explique Jacqueline Schmidt, illustratrice et designeuse, passée de 110 à 62 mètres carrés. Pour l’architecte minimaliste Frank Mascia, « on vit en fonction de l’espace que l’on a, au lieu de créer un espace qui correspond à notre vie. La chose responsable, c’est de vivre dans le plus petit espace possible ».

Une question d’équilibre

Lors de leur passage à Las Vegas, un habitant lance à Ryan Nicodemus et Joshua Fields Millburn qu’avec leur minimalisme, ils ne font que se retirer de la guerre contre le système, que « le minimaliste ultime est un ermite ou un moine, ce qui ne changera pas le monde ». Une remarque qui amène un vrai débat (et rend le documentaire plus intéressant encore) car c’est une des réactions que l’on peut légitimement avoir face ce mode de vie. Pour les deux principaux protagonistes de Minimalism, tout est une question d’équilibre. Ce n’est pas la consommation qui est un problème, mais bien la consommation compulsive. « Acheter des choses parce qu’on est censés le faire. C’est ce que la publicité nous dit, c’est le modèle magique du bonheur. Quand on l’obtient, on comprend que ça ne nous rend pas aussi heureux qu’on le pensait ».

Tout comme l’a fait la websérie (Tr)oppressé, Minimalism évoque avec justesse l’absurdité de notre désir frénétique de consommer et rappelle que nous pouvons nous réapproprier notre vie, chacun à notre manière. Pour les minimalistes, « c’est une vie avec intention. Ce n’est pas une vie parfaite, ni même une vie facile mais une vie simple ».

Minimalism : A Documentary About the Important Things, disponible sur Netflix. 

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